Begin main content

La dose en équivalent morphine de l'opiacé dans la prise en charge de la douleur chronique non cancéreuse

Dernière mise à jour : 8 juin 2012
Numéro de projet : RC0353-000
Gamme de produits : Rapports d’examen rapide
Type de rapport : Synthèse accompagnée d'une évaluation critique
Type de résultat : Rapports

Rapport en Bref

Contexte
De 15 % à 30 % des Canadiens sont aux prises avec de la douleur chronique non cancéreuse. Cette douleur persiste depuis plus de trois mois et elle est en général liée à la dorsalgie, à l'arthrose, à la fibromyalgie ou à la céphalée. Les opiacés sont d'usage courant dans la prise en charge de la douleur, mais l'analgésie s'estompe avec le temps dans bien des cas. Il est alors nécessaire d'augmenter la dose pour maîtriser la douleur. L'augmentation de la dose s'accompagne d'un risque accru d'effets indésirables, notamment la surdose, la fracture due à une chute, des anomalies hormonales et une sensibilité accrue à la douleur.

Technologie
Les analgésiques opiacés offerts au Canada sont la codéine (p. ex., Tylenol No 3), le tramadol, la buprénorphine, la morphine, l'hydromorphone (p. ex., Dilaudid), l'oxycodone (p. ex., OxyContin, OxyNEO, Percocet), le fentanyl et la méthadone. Le principe de la dose en équivalent de morphine (DEM) permet d'uniformiser la détermination de la dose de l'opiacé. Ainsi, 13 mg d'oxycodone correspond à une DEM de 20 mg, comme d'ailleurs 133 mg de codéine correspond à une DEM de 20 mg. Les tableaux de conversion équianalgésique selon l'équivalence morphinique paraissent à http://nationalpaincentre.mcmaster.ca.

Sujet
Les Lignes directrices canadiennes sur l'utilisation sécuritaire et efficace des opiacés pour la douleur chronique non cancéreuse publiées en 2010 précisent que la plupart des cas de douleur chronique non cancéreuse peuvent être pris en charge efficacement sans dépasser la dose maximale de 200 mg par jour de morphine ou d'équivalent morphine. Elles recommandent aux cliniciens de réévaluer la réponse thérapeutique et le risque d'effets néfastes avant d'augmenter la dose au-delà de cette dose à surveiller. Ce que les responsables de politiques aimeraient savoir quant à eux, c'est s'il y a des risques pour la santé à une DEM inférieure à 200 mg par jour.

Méthode
D'abord une recherche documentaire limitée dans les principales sources d'information, puis l'examen du titre et du résumé des références recensées et l'évaluation approfondie de la version intégrale des articles choisis, et, enfin, la sélection finale conformément aux critères de sélection déterminés au préalable (population, interventions, comparateurs, critères d'évaluation et plan d'étude).

Résultats
La recherche documentaire a relevé 640 références auxquelles s'ajoutent 13 études recensées à la recherche de littérature grise. Du lot, 50 articles se révèlent potentiellement pertinents et 6 satisfont les critères de sélection établis pour les besoins du présent examen : 4 études non randomisées et 2 ensembles de lignes directrices fondées sur des données probantes.

Messages clés
Le risque de décès lié à l'opiacé s'accroît lorsque la dose de l'opiacé augmente.

Le risque de décès lié à l'opiacé s'accroît lorsque la dose de l'opiacé dépasse 20 mg par jour :

  • 50 mg à 99 mg par jour = le risque double;
  • 100 mg à 199 mg par jour = le risque double;
  • plus de 200 mg par jour = le risque triple.

À une dose supérieure à 100 mg par jour, le risque de décès est sept fois plus grand qu'à une dose inférieure à 20 mg par jour.

Le lien entre la dose de l'opiacé et la fréquence des visites au service des urgences demeure imprécis.

Sur la foi de données probantes limitées.

Question

  1. What is the clinical evidence regarding the safety of different watchful doses of morphine (or equivalent) for the treatment of chronic non-cancer pain?
  2. What are the evidence-based guidelines regarding a watchful dose of morphine (or equivalent) for the treatment of chronic non-cancer pain?

Messages clés

The evidence base around a watchful dose threshold for morphine or equivalent opioid dosing was limited in both quality and quantity. The evidence to support a watchful dose of morphine or morphine equivalent opioid dosing of greater than 200 mg/day in chronic non-cancer pain (CNCP) is limited in both quality and quantity; however, there is also little evidence to support a lower threshold dose.The paucity of evidence for watchful dosing is likely reflective of larger gaps in evidence in the topic of CNCP management in general, including around the appropriate use of opioids.