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Examen de l’efficacité clinique des interventions dispensées dans un contexte de soins primaires aux patients obèses souffrant d’arthrose

Dernière mise à jour : 23 juillet 2014
Numéro de projet : RC0564-003
Gamme de produits : Rapports d’examen rapide
Type de recherche : Appareils et systèmes
Type de rapport : Synthèse accompagnée d'une évaluation critique
Type de résultat : Rapports

Rapport en Bref

Contexte
L'arthrose est la maladie des articulations la plus fréquente; 10 % des adultes canadiens en souffrent. Les dommages articulaires causés par l'arthrose sont responsables de 80 % des remplacements de la hanche et de 90 % des remplacements du genou au Canada. L'obésité est connue comme étant le facteur de risque modifiable le plus important pour l'arthrose et contribue à la fois aux difficultés biomécaniques (c.-à-d. la force appliquée sur l'articulation) et aux facteurs inflammatoires (c.-à-d. les niveaux d'interleukine 6 ou IL-6 dans le sang) qui mènent à la destruction des articulations. Les personnes obèses ont un risque d'arthrose de quatre à cinq fois plus élevé que celui des personnes non obèses.

Technologie
La perte de poids chez les personnes obèses atteintes d'arthrose peut aider à réduire la force appliquée sur les articulations qui supportent le poids et atténuer la souffrance, les raideurs, les problèmes de mobilité, ainsi que le besoin de remplacer l'articulation. Des améliorations substantielles des capacités physiques ont été observées chez les patients obèses qui ont perdu aussi peu que 5 % ou plus de leur poids de référence. Des interventions à long terme auprès des personnes obèses peuvent avoir lieu dans les centres de soins primaires.

Sujet
Bien que les interventions de perte de poids pour les personnes obèses souffrant d'arthrose peuvent être bénéfiques, une perte de masse musculaire et osseuse peut aussi en résulter. Un examen de l'efficacité clinique des interventions à long terme auprès des personnes obèses en soins primaires pour arrêter ou ralentir la progression de l'arthrose aidera à éclairer les décisions sur la gestion de l'obésité chez les patients souffrant d'arthrose.

Méthodes
On a procédé à une recherche documentaire limitée à partir des ressources clés et examiné les titres et résumés des publications repérées. On a ensuite évalué le texte intégral des publications en vue de procéder au choix final des articles selon des critères de sélection déterminés au préalable (population, intervention, comparateur, résultats et plan des études).

Résultats
La recherche documentaire a permis de relever 119 références, dont 8 ont été jugées potentiellement pertinentes et auxquelles se sont ajoutés 12 articles tirés d'autres sources. De ces 20 références, 3 répondaient aux critères de sélection de l'examen : 2 études contrôlées randomisées et une étude de cohorte prospective.

Messages clés

  • Les interventions diététiques en elle-même ou associées à de l'exercice physique réduisent les forces de compression sur les genoux et les niveaux de IL-6 de façon plus significative que la perte de poids résultant de l'exercice physique seulement.
  • Les interventions diététiques et l'exercice physique réduisent la douleur et augmentent les capacités physiques mieux que l'exercice ou les interventions diététiques seuls.
  • La perte d'au moins 10 % de son poids entraine de meilleures améliorations de la force de compression du genou, des niveaux d'IL-6 et des capacités physiques sans égard au type d'intervention.
  • Plus la perte de poids est importante, plus la perte de densité de l'os de la hanche (et non de la colonne vertébrale) est grande, mais les conséquences à long terme de cet effet ne sont pas claires.

Question

  1. Quelle est l’efficacité clinique des interventions à long terme de gestion de l’obésité dans un contexte de soins primaires visant à interrompre ou à ralentir la progression de l’arthrose ?

Messages clés

Les interventions visant la perte de poids au moyen du régime alimentaire, soit seul ou en combinaison avec l’exercice, entraine des réductions plus importantes de la force de compression maximale appliquée sur le genou et des concentrations plasmatiques de l’interleukine-6 (IL-6) chez les patients souffrant d’arthrose du genou par rapport à la perte de poids induite par l’exercice. Une réduction significativement plus importante de la douleur et l’amélioration des fonctions ont été signalées chez des patients ayant reçu des interventions combinant une diète et de l’exercice par rapport aux interventions axées uniquement soit sur la diète soit sur l’exercice. Indépendamment de la répartition de groupe, les participants qui ont perdu 10 % ou plus de leur poids corporel de référence démontraient des réductions plus importantes de la force de compression appliquée sur le genou, des concentrations d’IL-6 systémiques et de la douleur ainsi qu’une amélioration accrue des fonctions que ceux qui ont eu une plus faible perte de leur poids de base. Toutefois, les participants qui ont perdu le plus de poids ont également manifesté une plus grande perte de la densité de masse osseuse au niveau du col du fémur et de la hanche, mais pas à la colonne vertébrale, sans changement significatif de leur classification clinique de référence en ce qui concerne l’ostéoporose ou l’ostéopénie. Les résultats issus d’une étude de cohorte suggèrent que les patients atteints d’arthrose de la hanche pourraient atteindre une amélioration significative de leurs fonctions physiques, mobilité et scores de la douleur associée à la perte de poids.