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Examen de l’efficacité clinique du traitement par stimulation profonde du cerveau pour le syndrome de stress posttraumatique et la dépression résistante au traitement

Dernière mise à jour : 6 octobre 2014
Numéro de projet : RC0592-000
Gamme de produits : Rapports d’examen rapide
Type de recherche : Appareils et systèmes
Type de rapport : Synthèse accompagnée d'une évaluation critique
Type de résultat : Rapports

Rapport en Bref

Contexte

Le syndrome de stress posttraumatique (SSPT) et le trouble dépressif majeur (TDM) sont des troubles psychiatriques débilitants et fréquents. Malgré l'avancée des connaissances en pharmacothérapie et l'arrivée de nouveaux antidépresseurs, de 30 % à 40% des patients souffrant de ces troubles ne répondent pas aux traitements par antidépresseurs. Plusieurs traitements non médicamenteux ont été suggérés pour ces patients : la psychothérapie, la thérapie électroconvulsive, la stimulation magnétique transcrânienne, la stimulation du nerf vague et la stimulation profonde du cerveau (SPC).

Technologie
La SPC demande l'implantation d'électrodes dans certaines régions du cerveau afin de produire une stimulation électrique contrôlée par un « stimulateur cérébral » placé sous la peau du torse du patient. On croit que cette stimulation serait bénéfique dans le traitement des troubles affectifs et des troubles du mouvement qui résistent au traitement, comme la maladie de Parkinson, le tremblement essentiel, la dystonie, la douleur chronique, le syndrome de Gilles de La Tourette, le trouble obsessif-compulsif et le TDM. La SPC a récemment été proposée dans le traitement du SSPT.

Sujet
L'examen de l'efficacité clinique de la SPC dans le traitement du SSPT et de la dépression résistante au traitement éclairera les prises de décision quant aux traitements à utiliser avec les patients souffrants de ces troubles psychiatriques.

Méthodes
On a procédé à une recherche documentaire limitée à partir des ressources clés et examiné les titres et résumés des publications repérées. On a ensuite évalué le texte intégral des publications en vue de procéder au choix final des articles selon des critères de sélection déterminés au préalable (population, intervention, comparateur, résultats et plan des études).

Résultats
La recherche documentaire a permis de relever 481 références, auxquelles se sont ajoutés 2 articles tirés d'autres sources. De ces références, 14 ont été jugées potentiellement pertinentes et 2 examens systématiques répondaient aux critères de sélection de l'examen.

Messages clés

  • La SPC semble ne poser aucun danger et elle semble être efficace dans le traitement de la dépression résistante au traitement (selon des données limitées).
  • Des recherches supplémentaires sont nécessaires afin de confirmer que l'atténuation des symptômes est attribuable à la SPC et non à d'autres facteurs, comme l'effet placébo ou l'évolution naturelle de la maladie.
  • L'habileté des patients gravement atteints par la dépression à donner leur consentement pour recevoir un traitement SPC est une préoccupation.
  • Aucune donnée n'a été relevée sur l'efficacité de la SPC dans le traitement du SSPT.

Question

  1. Quelle est l’efficacité clinique de la stimulation profonde du cerveau pour les adultes atteints de dépression résistante au traitement?
  2. Quelle est l’efficacité clinique de la stimulation profonde du cerveau pour les adultes souffrant de stress posttraumatique?

Messages clés

Les données d’une analyse systématique principalement au sujet d’études d’observation auprès de petits échantillons a noté qu’entre 40 % et 70 % des patients atteints de dépression résistante au traitement (DRT) traités par la stimulation profonde du cerveau (SPC) avaient affiché une diminution d’au moins 50 % de leur résultat au Hamilton Depression Rating Scale ou au Montgomery-Asberg Depression Rating Scale. Les taux de réponse à la SPC et les pourcentages de changement aux indices de dépression après un suivi à long terme limité n’avaient pas varié de façon significative entre les cibles anatomiques. Les métaanalyses de quatre pré et post études d’observation de la thérapie SPC qui ciblaient les patients DRT ont montré un taux de rémission de 26 % et un taux d’abandon de 11 % après 12 mois de traitement. En termes d’innocuité, aucune complication grave n’a été rapportée à l’exception d’un ces d’hémiparésie dans l’une des études. Il y a eu des tentatives de suicide et des suicides, mais la cause de ces incidents ne peut être attribuée à la SPC en raison du risque élevé de suicide chez les patients souffrant de DRT. La faible qualité du design des études (pré et post observation) a limité la possibilité de prouver la causalité entre les interventions (DRT) et les résultats (réduction de la dépression) chez les patients DRT. L’hétérogénéité des caractéristiques des patients et les outils de mesure dans les études retenues pour cette analyse ont nui à la robustesse et à la généralisabilité des données recueillies. Il y a un manque de preuves concernant l’efficacité clinique du traitement par stimulation profonde du cerveau pour le syndrome de stress posttraumatique.