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Examen de l’efficacité clinique de la kétamine administrée par voie intraveineuse (VI) et des lignes directrices portant sur la kétamine par VI dans le traitement des troubles mentaux

Dernière mise à jour : 20 août 2014
Numéro de projet : RC0572-000
Gamme de produits : Rapports d’examen rapide
Type de recherche : Médicaments
Type de rapport : Synthèse accompagnée d'une évaluation critique
Type de résultat : Rapports

Rapport en Bref

Contexte
Chaque année, un Canadien sur cinq éprouvera un problème de santé mentale comme l'anxiété, le trouble de l'humeur ou le trouble de la personnalité. Le trouble dépressif majeur (TDM) touche environ 10 % des Canadiens au cours de leur vie. Près de 4 % d'entre eux auront souffert d'un épisode dépressif au cours des 12 derniers mois. Près de 10 % des Canadiens ont eu des pensées ou des idées suicidaires au cours de leur vie. Un peu plus de 1 % de la population canadienne souffre du syndrome de stress posttraumatique (SSPT). Bien que plusieurs pharmacothérapies existent pour le traitement des troubles mentaux, certains problèmes se posent, dont le début d'action retardé des médicaments, les effets secondaires, l'adhésion du patient, la stigmatisation et l'abandon prématuré du traitement.

Technologie
La kétamine est un récepteur à action rapide, un antagoniste non compétitif des récepteurs du N-méthyl D-aspartate (NMDA), utilisé pour l'anesthésie générale et qui présente des propriétés analgésiques. Le récepteur NMDA gère le déclenchement de la neurotransmission excitatrice provoquée par le glutamate dans le cerveau. Une dysfonction de cette régulation pourrait contribuer aux symptômes dépressifs, faisant de la kétamine un nouveau traitement potentiel pour certains problèmes de santé mentale. Cependant, des effets secondaires, comme les rêves d'apparence réelle et un effet de dissociation (lors duquel le patient expérimente une séparation de son corps et de son esprit) se produisent fréquemment. D'ailleurs, ces effets secondaires ont provoqué une mise en marché illicite de ce médicament, une drogue aussi connue sous le nom de « Spécial K ». Contrairement aux autres médicaments utilisés dans le traitement des troubles mentaux, la kétamine administrée par intraveineuse (IV) requiert une surveillance étroite du patient.

Sujet
Compte tenu de l'incertitude entourant l'utilisation de la kétamine dans le traitement des troubles mentaux, un examen de son efficacité clinique et des lignes directrices appuyées sur des données probantes éclairera les prises de décisions à l'égard de son utilisation.

Méthodes
On a procédé à une recherche documentaire limitée à partir des ressources clés et examiné les titres et résumés des publications repérées. On a ensuite évalué le texte intégral des publications en vue de procéder au choix final des articles selon des critères de sélection déterminés au préalable (population, intervention, comparateur, résultats et plan des études).

Résultats
La recherche documentaire a permis de relever 190 références dont 12 ont été jugées potentiellement pertinentes, auxquelles s'est ajouté un article tiré d'une autre source. Parmi ces 13 références, 5 répondaient aux critères de sélection de l'examen : 3 examens systématiques et 2 essais contrôlés randomisés.

Messages clés

  • La kétamine par IV semble diminuer les symptômes de TDM après 24 heures.
  • On ne connait pas quels patients souffrant de TDM sont plus susceptibles de répondre positivement à la kétamine.
  • La kétamine par IV pourrait être utile dans le traitement du SSPT; cependant, les données à cet égard sont insuffisantes.
  • La kétamine par IV pourrait aider à contrôler les idées suicidaires, mais les données à ce sujet sont insuffisantes et on ne sait pas avec assurance quels patients en retireraient un bienfait.
  • Aucune ligne directrice appuyée sur des données probantes concernant l'utilisation de la kétamine dans le traitement des troubles mentaux n'a été relevée.

Question

  1. Quelle est l’efficacité clinique de la kétamine administrée par voie intraveineuse dans le traitement des troubles mentaux?
  2. Quelles sont les lignes directrices fondées sur des preuves cliniques portant sur l’utilisation de la kétamine par voie intraveineuse dans le traitement des troubles mentaux?

Messages clés

Trouble dépressif majeur (TDM)Les données actuelles démontrent invariablement que la kétamine par VI peut réduire les symptômes notés par les outils de notation MADRS et HAM-D sur 24 heures chez les patients présentant un TDM. Cependant, on ignore quels patients sont les plus sujets à répondre favorablement au traitement, tout comme la durée de la réponse. Syndrome de stress posttraumatique (SSPT)Une seule étude randomisée contrôlée (ERC) a été relevée concernant l’utilisation de la kétamine par VI pour les patients présentant un SSPT, il y a donc une rareté dans les données de bonne qualité qui soutiennent son utilisation à cet égard. Il s’agit d’un nouveau champ d’utilisation de l’antagoniste du récepteur NMDA, et bien que les données actuelles soient positives, plus de preuves présentant des résultats validés sont requises afin de vérifier l’efficacité clinique de la kétamine par VI dans le traitement du SSPT.Idéation suicidaireLes données actuelles suggèrent que la kétamine par VI peut avoir des effets positifs sur certaines composantes de la dépression liées à l’idéation suicidaire cotées par les outils de notation. Cependant, il est difficile de déterminer quels patients en bénéficieraient. Il est nécessaire de réaliser plus d’essais de meilleure qualité qui étudieraient les résultats réels, comme les tentatives de suicide, chez les patients à risque imminent de suicide, afin de déterminer l’efficacité clinique de la kétamine par VI dans le traitement de l’idéation suicidaire.