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Le traitement par agonistes opioïdes des troubles liés à la consommation d’opioïdes : examen qualitatif rapide

Dernière mise à jour : 30 avril 2019
Numéro de projet : RC1100-000
Gamme de produits : Rapports d’examen rapide
Type de recherche : Médicaments
Type de rapport : Synthèse accompagnée d'une évaluation critique
Type de résultat : Rapports

Question

  1. Qu’en est-il de la compréhension, de la communication et de la prise de décision eu égard au traitement par agonistes opioïdes chez les toxicomanes et leurs fournisseurs de services et de soins de santé?
  2. Quelle est l’expérience des toxicomanes au sujet du traitement par agonistes opioïdes? Quels sont leurs points de vue et leurs préférences quant aux programmes de traitement par agonistes opioïdes?
  3. Que disent les fournisseurs de soins de santé à des toxicomanes de leur expérience de soutien dans le cadre du traitement par agonistes opioïdes? Quels sont leurs points de vue et leurs préférences quant aux programmes de traitement par agonistes opioïdes?

Messages clés

La consommation d’opioïdes est une expérience complexe, vue par certaines personnes comme étant un aspect important de leur identité. Les toxicomanes mènent une vie caractérisée essentiellement par des comportements et des activités dictés par leur consommation de drogues. Ainsi, les démarches et les traitements qui ont pour objectif de soutenir l’adoption de comportements orientés vers le rétablissement doivent prévoir l’examen approfondi de l’influence de l’usage de drogue et des comportements sur la motivation, les circonstances, les croyances et le plan de vie du toxicomane.Les patients doivent affronter des défis, des possibilités et des obstacles. D’abord, des défis relevant du manque de motivation nécessaire à l’adoption d’un comportement de recherche d’un traitement. Et même lorsque la motivation est suffisante pour demander et amorcer un traitement, le patient affronte d’autres défis ayant trait à la structure et à la mise en uvre du programme de traitement. Ainsi, l’accès peut être limité par la distance géographique ou des procédures ou critères administratifs. Tout au long du récit de leur expérience de recherche de traitement, les patients font état d’obstacles et ont ainsi l’occasion de se pencher sur les aspects du programme de traitement qui peuvent faciliter la participation continue. Par exemple, le programme qui offre beaucoup de souplesse et d’autonomie et une plus grande possibilité de mener une vie normale est attrayant pour de nombreux patients. D’autres trouvent plus utile le programme rigide, surtout au début du traitement pour la mise en place des éléments du mode de vie menant au rétablissement. Dans la description de leur expérience du traitement par agonistes des opioïdes, les patients comparent la buprénorphine (et ses variantes comme Suboxone) et la méthadone. Dans l’ensemble, ils préfèrent la buprénorphine en raison du moins grand nombre d’effets secondaires et du sentiment que le médicament favorisera le rétablissement d’une certaine normalité dans leur vie et réduira les symptômes de sevrage. Le fait que la buprénorphine est offerte dans le cadre de programmes de traitement en cabinet est un aspect positif pour les patients, car l’expérience semble ainsi moins stigmatisante que celle des cliniques de méthadone. Les patients insistent sur l’importance d’un espace clinique favorable pour recevoir le traitement, qui tient notamment à l’attitude positive inconditionnelle et à l’ouverture à la communication des prestataires de soins.Les prestataires de soins et de services de santé expriment eux aussi diverses préoccupations et préférences eu égard au traitement par agonistes opioïdes des troubles liés à la consommation d’opioïdes. De multiples études ont cerné une hésitation initiale à offrir ce traitement et à y participer, qui semble provenir souvent d’un manque de temps à y consacrer, les priorités concurrentes étant nombreuses, et d’un manque de connaissance, de formation et de sensibilisation. L’hésitation ou la réticence semble également avoir trait à des attitudes négatives et à des préjugés à l’égard de la population de consommateurs d’opioïdes : ces patients seraient agressifs, difficiles et à l’origine d’une perception négative de leur pratique. Pour surmonter ces obstacles, l’on suggère d’améliorer la collaboration, la coordination, l’infrastructure et l’appui au traitement par agonistes opioïdes en milieu de soins primaires. De plus, la formation est vue comme étant utile pour venir à bout des réticences initiales et des préjugés, car elle représente un espace d’interaction entre les prestataires de services et les toxicomanes et une possibilité de constater les bienfaits du traitement par agonistes des opioïdes.