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Les médicaments antiinflammatoires non stéroïdiens contre la douleur : examen de l’innocuité

Dernière mise à jour : 20 août 2013
Numéro de projet : RC0471-000
Gamme de produits : Rapports d’examen rapide
Type de recherche : Médicaments
Type de rapport : Synthèse accompagnée d'une évaluation critique
Type de résultat : Rapports

Rapport en Bref

Contexte
Les antiinflammatoires non stéroïdiens (AINS) jouent un rôle important dans la maitrise de la douleur associée à des problèmes comme les céphalées, les troubles menstruels, les douleurs postopératoires, les douleurs à la colonne vertébrale ou à des tissus mous, l’arthrite rhumatoïde, l’arthrose et la spondylite ankylosante.

Technologie
Les AINS atténuent la douleur en neutralisant les cyclooxygénases (COX) nécessaires à la production des prostaglandines. L’enzyme existe sous deux formes : COX-1 et COX-2. Les AINS traditionnels, aussi baptisés « AINS non sélectifs », neutralisent les deux. On appelle « AINS sélectifs à la COX-2 » ou « inhibiteurs de la COX-2 » les AINS qui s’attaquent seulement à la seconde forme.

Actuellement, le célécoxib (Celebrex) est le seul inhibiteur de la COX-2 sur le marché canadien.

Sujet
Sur la foi de leur mode d’action, les inhibiteurs de la COX-2 sont considérés comme plus surs que les AINS non sélectifs pour ce qui est des hémorragies gastro-intestinales. Or, les inhibiteurs de la COX-2 sont liés à une augmentation des risques d’évènements cardiovasculaires graves comme les crises cardiaques et les AVC. C’est ainsi que le rofecoxib (Vioxx), un inhibiteur de la COX-2, fut retiré des tablettes au Canada en 2004. Des versions génériques du célécoxib seront bientôt commercialisées au Canada.

Un examen de l’innocuité comparative des AINS sera en mesure d’éclairer les décisions quant à leur usage pour maitriser la douleur.

Méthodes
On a procédé à une recherche documentaire limitée à partir des ressources clés et examiné les titres et résumés des publications repérées. On a ensuite évalué le texte intégral des publications en vue de procéder au choix final des articles selon des critères de sélection déterminés au préalable (population, intervention, comparateur, résultats et plan des études).

Résultats
La recherche documentaire a permis de repérer 275 références, auxquelles se sont ajoutés 8 articles recensés d’autres sources. Du lot, 13 articles ont été jugés potentiellement pertinents et 6 d’entre eux ont satisfait aux critères d’inclusion du présent examen, soit 5 examens méthodiques et 1 évaluation de technologie de la santé.

Messages clés

  • Le célécoxib, un inhibiteur de la COX-2, serait associé à…
    • un risque cardiovasculaire comparable au diclofénac et à l’ibuprofène, et supérieur au naproxène;
    • un risque d’hémorragies gastro-intestinales comparable au diclofénac, et inférieur à l’ibuprofène et au naproxène.
  • Pour ce qui est des AINS non sélectifs :
    • le diclofénac serait associé avec un risque cardiovasculaire supérieur à l’ibuprofène ou au naproxène;
    • le naproxène serait associé avec un risque cardiovasculaire inférieur au diclofénac, à l’ibuprofène ou à l’indométhacine.
  • Ces résultats doivent être interprétés avec prudence, car :
    • les études étaient de courte durée (moins de trois mois pour la plupart);
    • les études ont fait usage de doses différentes d’AINS.

Question

  1. ​Quelle est l’innocuité comparative des médicaments antiinflammatoires non stéroïdiens destinés à la prise en charge de la douleur?

Messages clés

​En ce qui a trait à la prise en charge de la douleur, le célécoxib et les AINS non sélectifs présenteraient des risques semblables d’évènements cardiovasculaires indésirables majeurs, même si le risque cardiovasculaire associé au célécoxib s’avère statistiquement supérieur aux naproxène. À court terme, on a signalé un nombre significativement inférieur d’évènements indésirables gastro-intestinaux en lien avec le célécoxib par rapport aux AINS non sélectifs. Les AINS non sélectifs de différentes natures semblaient être associés avec des risques comparables d’évènements gastro-intestinaux graves. Tous les AINS non sélectifs hormis le naproxène ont été associés avec sensiblement les mêmes risques d’évènements cardiovasculaires graves.