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Opioïdes, benzodiazépines, stimulants et gabapentine : politiques et programmes, initiatives et pratiques au Canada en 2014

Dernière mise à jour : 10 octobre 2014
Numéro de projet : ES0285
Gamme de produits : Analyse de l'environnement
Issue: 45
Type de résultat : Rapports

Résumé

Introduction

Selon le rapport S’abstenir de faire du mal : Répondre à la crise liée aux médicaments d’ordonnance au Canada, publié en mars 2013 par le Centre canadien de lutte contre les toxicomanies, l’abus de médicaments d’ordonnance constitue « la principale préoccupation en matière de santé publique au pays ». Le Centre souligne que ces médicaments, auxquels la population au Canada a facilement accès, « peuvent avoir un effet dévastateur sur la vie des gens et sur leur famille, en plus d’imposer un lourd fardeau aux systèmes de santé, de services sociaux et de sécurité publique1. »

La présente analyse de l’environnement offre un aperçu des directives et des programmes, des initiatives et des pratiques mis en œuvre par des régimes d’assurance médicaments publics, des collèges de médecins et chirurgiens, et des collèges et des ordres de pharmaciens au Canada en vue de s’attaquer à la problématique du mésusage, de l’abus et du détournement des médicaments d’ordonnance que sont les narcotiques (opioïdes), les benzodiazépines, les stimulants et la gabapentine. Elle pourra être utile aux décideurs, aux responsables des orientations politiques et à d’autres intervenants en leur faisant connaitre les nombreuses initiatives entreprises au pays dans l’espoir de contrer l’abus de médicaments d’ordonnance, qui met en péril la santé et la sécurité de Canadiens.

Les termes « narcotique » et « opioïde » sont interchangeables dans le présent document. Certaines régions préfèrent le terme « opioïde ».

Comme les réseaux de santé diffèrent d’une province ou d’un territoire à un autre, les stratégies de lutte contre l’abus de médicaments sont éminemment variées. La présente analyse décrit nombre des principales initiatives ayant pour objectif de réduire au minimum les possibilités de mésusage, d’abus et de détournement tout en veillant à garantir l’accès aux options thérapeutiques appropriées.

Objectif

Le but de la présente analyse de l’environnement consiste à cerner les politiques et les programmes, les initiatives et les pratiques en cours au Canada dans l’espoir de contrer l’abus, le mésusage ou le détournement des opioïdes, des benzodiazépines, des stimulants et de la gabapentine.

Méthodologie

L’analyse de l’environnement ne constitue pas un examen complet du sujet. Ses constatations sont issues de la consultation d’experts-conseils œuvrant pour le compte de 11 des 19 régimes d’assurance médicaments publics du pays, de 9 des 10 collèges provinciaux de médecins et chirurgiens et de 8 des 10 collèges ou ordres de pharmaciens provinciaux et du directeur médical de la médecine familiale des Territoires du Nord-Ouest. Du lot des 33 organismes ou intervenants sondés, 30 ont répondu à nos questions. En outre, l’analyse renferme de l’information provenant de la recherche documentaire dans Internet, actuelle au 16 février 2014.

L’analyse est limitée en ce qu’elle s’en tient aux politiques et aux programmes, aux initiatives et aux pratiques à l’intention des régimes d’assurance médicaments publics, des médecins et des pharmaciens, alors que d’autres professionnels de la santé ont le droit de prescrire des narcotiques et des médicaments contrôlés, notamment les dentistes et des infirmières.

Dans le cadre du sondage, les experts-conseils devaient répondre aux questions que voici : 

  1. Quels sont les programmes de surveillance pharmaceutique en place au sujet des opioïdes, des benzodiazépines, des stimulants et de la gabapentine?
  2. Outre les opioïdes, quels sont les médicaments figurant sur la liste des médicaments surveillés?
  3. Quelles principales constatations sur l’utilisation des médicaments ont éclairé la refonte des politiques et des pratiques ayant trait aux opioïdes, aux benzodiazépines, aux stimulants et à la gabapentine dans les deux dernières années?
  4. Quelles sont les directives, lignes directrices ou pratiques en place en ce qui a trait à la prescription des opioïdes, des benzodiazépines, des stimulants et de la gabapentine?
  5. Quels sont les protocoles destinés aux pharmaciens dans l’exécution ou le renouvèlement des ordonnances d’opioïdes, de benzodiazépines, de stimulants ou de gabapentine?
  6. Quels sont les directives, les programmes, les pratiques ou les initiatives à propos des opioïdes, des benzodiazépines, des stimulants ou de la gabapentine adoptés récemment ou en voie de l’être, et qu’est-ce qui en est à l’origine?
  7. Quelles sont les politiques, les pratiques ou les initiatives relatives aux opioïdes, aux benzodiazépines, aux stimulants ou à la gabapentine à l’étude par les régimes d’assurance médicaments des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux?
  8. Quelles sont les initiatives éducatives en cours ayant trait aux opioïdes, aux benzodiazépines, aux stimulants ou à la gabapentine?
  9. Quels sont les mécanismes en place pour détecter les fausses ordonnances et de quelle façon l’information sur ces ordonnances est-elle communiquée aux prescripteurs et aux pharmaciens?
  10. Y a-t-il un système prévoyant la désignation d’une seule et même pharmacie où l’usager soupçonné de consultations multiples doit faire remplir ses ordonnances d’opioïdes, de benzodiazépines, de stimulants ou de gabapentine?
  11. Quels sont les systèmes en vertu desquels les provinces et territoires communiquent entre eux afin de surveiller la prescription et l’utilisation des opioïdes, des benzodiazépines, des stimulants ou de la gabapentine?
  12. Quelles sont les directives de remboursement prévues pour gérer la consommation excessive d’opioïdes, de benzodiazépines, de stimulants ou de gabapentine?
  13. De quelle manière les demandes d’autorisation spéciale ou d’usage restreint sont-elles traitées, électroniquement ou manuellement?
  14. Les régimes d’assurance médicaments publics fédéraux, provinciaux et territoriaux ont-ils collecté de l’information sur l’efficacité des programmes de surveillance en vigueur au pays.

Structure du rapport

Nous avons synthétisé l’information transmise par les personnes sondées et la présentons dans les diverses parties du rapport comme il est indiqué ci-dessous. En fait, le rapport est structuré en fonction des initiatives entreprises par les gouvernements provinciaux, les régimes d’assurance médicaments publics, les collèges de médecins et chirurgiens, les collèges et les ordres de pharmaciens pour gérer la prescription des opioïdes, des benzodiazépines, des stimulants et de la gabapentine :

  • Surveillance
  • Programmes
  • Évaluation des programmes
  • Directives au sujet de la contrefaçon, de la falsification et de la perte d’ordonnances
  • Communication intergouvernementale
    • Limites et balises du régime d’assurance médicaments
    • Directives sur la prescription de méthadone et de Suboxone (buprénorphine et naloxone)
    • Autres initiatives
    • Éducation
    • Profil de prescription
    • Jumelage avec une pharmacie et un prescripteur

Le résumé des constatations présente l’essentiel des renseignements dans une vue d’ensemble comparative des politiques et des pratiques dont il est question dans le rapport.

Résumé des constatations

Tableau 1 : Initiatives de gestion de l’utilisation des opioïdes, des benzodiazépines, des stimulants et de la gabapentine au Canada
Éléments de programme C.-B. Alb. Sask. Man. Ont. Qc N.-B. N.-É. Î.-P.-É T.-N.-L. Yn T. N.O. SSNA
Programme de surveillance de la prescription en place O O O O O N O O N N Oa N O
Surveillance de l’utilisation des stimulants O O O O O N O O N N O N O
Surveillance de l’utilisation des benzodiazépines O O -
En 2014 - 2015
O O O N O O - Automne 2014 N N O - En 2014 - 2015 N O
Surveillance de l’utilisation de la gabapentine N N O N N N N N N N N N O
Communication intergouvernemen-tale sur les pratiques ou les initiatives de surveillance N N N N N N N N N N PI N N
Collecte d’information sur l’efficacité de la surveillance ou du programme de surveillance   N N N N N PI N N N N PI N N
Initiatives éducatives à l’intention des prescripteurs O O O O N O SMNB O O PI PI O PI
Élaboration d’initiatives de surveillance O O O O O O O O O O PI O O
Directive de jumelage avec une seule pharmacie O Ob N O N O O Oc Od Ne PI N Nf

Alb. = Alberta; C.-B. = Colombie-Britannique; Î.-P.-É. = Île-du-Prince-Édouard; Man. = Manitoba; N = non; N.-B. = Nouveau-Brunswick;
N.-É. = Nouvelle-Écosse; O = oui; Ont. = Ontario; PI = pas indiqué; Qc = Québec; Sask. = Saskatchewan; SMNB = Société médicale du Nouveau-Brunswick; SSNA = Programme des services de santé non assurés; T.-N.-L = Terre-Neuve-et-Labrador; T. N.-O. = Territoires du Nord-Ouest.
aLe Yukon participe au Programme de prescription en trois exemplaires de l’Alberta.
bSeulement le programme de prestation de santé d’Alberta Works.
cEn vertu d’une entente avec l’usager.
dEn vertu d’une entente avec l’usager.
eLe Plan de médicaments d’ordonnance de Terre-Neuve-et-Labrador peut restreindre le patient à fréquenter deux pharmacies seulement.
fRectificatif apporté le 20 octobre 2014. Le programme Services de santé non assurés peut imposer au client l’obligation de consulter un seul et même médecin, mais ne le contraint pas à fréquenter une seule et même pharmacie pour obtenir ses médicaments (voir la page 28).

Surveillance 

Programmes

La plupart des provinces canadiennes ont mis sur pied un mécanisme à tout le moins de contrôle ou de surveillance de l’utilisation des médicaments d’ordonnance qui font l’objet d’une consommation excessive. Le programme se présente sous diverses formes : prescription électronique obligatoire, système de surveillance en temps réel reposant sur la saisie de données au point de vente, système fonctionnant en rétrospective d’après des données collectées pendant un certain temps ou prescription en trois exemplaires. Les régions diffèrent entre elles sous l’angle du type de systèmes ou de programmes, du fonctionnement du système, de la nature des médicaments surveillés et du mode de suivi.

Colombie-Britannique 

La Colombie-Britannique s’est dotée d’un programme de surveillance de la prescription de médicaments contrôlés et de trois programmes de surveillance de médicaments d’ordonnance.

Le fonctionnement du programme de surveillance de la prescription de médicaments contrôlés relève d’une alliance entre le Collège des médecins et chirurgiens, le Collège des pharmaciens, le Collège des chirurgiens dentistes, l’Association de médecine vétérinaire de la province et le programme PharmaCare du ministère des Services sociaux2. Il surveille principalement les opioïdes, et les ordonnances de médicaments contrôlés doivent être rédigées sur un ordonnancier spécial en deux exemplaires. Les ordonnances sont numérotées et individualisées pour chacun des prescripteurs2.

De plus, le régime PharmaCare surveille l’utilisation des benzodiazépines et celle des stimulants dans le traitement du trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH). La gabapentine ne figure pas sur la liste des médicaments surveillés dans la province.

Voici les programmes de surveillance de médicaments d’ordonnance de la province :

  1. PharmaNet – Toutes les ordonnances émises dans la province sont versées dans PharmaNet, réseau provincial qui relie toutes les pharmacies de la province grâce à un ensemble de systèmes de données central. Les usagers du réseau sont les pharmacies communautaires, les pharmacies hospitalières, les services des urgences, les cabinets de médecins, le Collège des pharmaciens et le Collège des médecins et chirurgiens de la province. PharmaNet est conçu pour prévenir la reproduction et la contrefaçon d’ordonnances et les ordonnances multiples, protéger le patient contre les interactions médicamenteuses et les erreurs de posologie et promouvoir l’utilisation efficiente des médicaments. Le réseau offre de l’information exhaustive sur les médicaments aux professionnels de la santé autorisés et traite dans l’immédiat les demandes de règlement adressées à PharmaCare. Le pharmacien doit vérifier le dossier pharmacothérapeutique du patient dans PharmaNet avant de lui remettre les médicaments, quels qu’ils soient, y compris les benzodiazépines et les opioïdes.
  2. Programme d’examen de la prescription (PRP pour Prescription Review Program) – Le programme du Collège des médecins et chirurgiens de la province est en fait un programme d’assurance de la qualité de la pratique qui effectue des examens périodiques de médicaments surveillés, sujets à abus, mésusage ou détournement. Le programme recense les prescripteurs au comportement problématique et surveille leur réaction à son intervention en examinant l’information provenant de PharmaNet, de la correspondance, d’entrevues, de la supervision du Comité d’examen de la prescription et de séances éducatives.
  3. Rapport sur les tendances d’utilisation des opioïdes – Établi d’après les données de PharmaCare, le rapport surveille les tendances dans l’utilisation des opioïdes.

(Entretien personnel avec Patrick Crawford, ministère de la Santé de la Colombie-Britannique, New Westminster
[C.-B.], le 5 février 2014, avec Ashifa Keshavji, Collège des pharmaciens de la Colombie-Britannique, Vancouver [C.-B.], le 28 janvier 2014, et avec le Dr Ailve McNestry, Collège des médecins et chirurgiens de la Colombie-Britannique, Vancouver [C.-B.], le 31 janvier 2014)

Alberta 

En Alberta, le programme de surveillance des médicaments d’ordonnance est le programme de prescription en trois exemplaires auquel participe d’ailleurs le Yukon.

Les objectifs du programme consistent à :

  • Améliorer les soins en offrant en temps opportun de l’information pertinente sur certains médicaments aux prescripteurs, aux pharmaciens et aux usagers.
  • Réduire le mésusage et l’abus (usage non médical) de certains médicaments.
  • Surveiller la prescription de certains médicaments par les médecins et l’exécution de ces ordonnances par les pharmaciens.
  • Offrir en temps opportun de l’information exacte et de la rétroaction au sujet des habitudes de prescription de certains médicaments et d’exécution de ces ordonnances aux prescripteurs et aux pharmaciens.
  • Cerner les risques de mésusage ou d’abus de ces médicaments et, de concert avec les partenaires du programme, s’attaquer à ces problèmes.

Le Collège des médecins et chirurgiens de l’Alberta administre le programme de prescription en trois exemplaires au nom d’un groupe multidisciplinaire composé de Santé Alberta, du Collège des pharmaciens de l’Alberta, de l’Association des pharmaciens de l’Alberta, de l’Association médicale albertaine, du Collège et de l’Association des dentistes de la province, de l’Association des médecins vétérinaires de l’Alberta, de Services de santé Alberta, du Collège et de l’Association des infirmières et infirmiers autorisés de la province et du Conseil médical du Yukon.

Dès 2014-2015, le programme répartira les médicaments surveillés en deux catégories : les médicaments de type 1 et ceux de type 2. Les médicaments de type 1 devront être prescrits à l’aide d’un ordonnancier en trois parties où paraissent le nom et l’adresse du prescripteur. L’ordonnance en trois exemplaires est numérotée en séquence, et le prescripteur doit signaler la perte ou le vol de tout ordonnancier. La liste des médicaments de type 1 figure sur le site Web du Collège des médecins et chirurgiens de la province3. Outre les opioïdes, elle comprend la kétamine et le méthylphénidate. L’ordonnance en trois exemplaires est valide pendant 72 heures à compter de la date de la prescription. La liste des médicaments de type 2 est à venir; ces médicaments n’auront pas à être prescrits sur une ordonnance en trois exemplaires, mais l’ordonnance devra renfermer des renseignements sur le patient, dont sa date de naissance et son numéro d’identification personnel aux fins des soins de santé, afin que cette information soit versée dans la base de données du programme4. Les produits contenant de la codéine, le tramadol, les benzodiazépines et les médicaments apparentés feront partie des médicaments de type 2.

En 2013, le programme de prescription en trois exemplaires a commencé à s’inspirer des données provenant du Réseau d’information pharmaceutique (Pharmaceutical Information Network [PIN])4. Il étudie présentement la possibilité de modifier les critères de prescription de la buprénorphine et de resserrer la surveillance des stimulants.

Le médecin ou le pharmacien peuvent demander au Collège des médecins et chirurgiens de l’Alberta la liste des médicaments surveillés dans le cadre du programme prescrits à l’un de leurs patients. Le prescripteur peut également obtenir son propre profil de prescription de médicaments surveillés. Par suite de diverses analyses des données du programme, le Collège a entrepris des projets afin de réduire l’abus et les effets néfastes des médicaments d’ordonnance :

  • Projet d’identification des patients à haut risque — L’analyse des données du programme a permis de cerner les patients à haut risque conformément aux trois critères ci-dessous :  
  • prise orale d’un opioïde à une dose équivalente à plus de 600 mg par jour de morphine;
  • consultation de plus de deux médecins;
  • fréquentation de plus de deux pharmacies dans une période de trois mois.
     

Le Collège a fait part des constatations de ce projet entrepris en collaboration avec le Collège des pharmaciens de la province aux médecins et aux pharmaciens qui prodiguent des soins ou des services de santé à ces patients. Les deux instances règlementaires ont fait parvenir à leurs professionnels de la santé respectifs une lettre de notification accompagnée d’outils d’aide à la prescription.

  • Projet sur la morphine orale à haute dose quotidienne — L’examen des données du troisième trimestre de 2013 a permis de recenser les patients prenant un opioïde oral à une dose équivalente à la plus haute dose de morphine orale. Le Collège, de concert avec des médecins spécialisés dans le traitement de la douleur chronique, met sur pied une initiative destinée à soutenir les médecins traitants de ces patients dans la prescription d’opioïdes.
  • Stimulants et buprénorphine — Au vu des nouvelles données sur l’innocuité de ces médicaments, la province a révisé ses pratiques de surveillance des stimulants et modifié les critères de prescription de la buprénorphine. À l’avenir, la prescription de stimulants à courte durée d’action se fera selon un mécanisme sécurisé, ce qui ne sera pas nécessaire dans le cas du stimulant à action prolongée et du stimulant à formulation inviolable.
  • Coalition on Prescription Drug Misuse5 — La coalition réunit des organismes et des intervenants qui s’emploient à réduire les méfaits découlant de l’abus de médicaments d’ordonnance en Alberta. Elle regroupe des représentants des services policiers, des pharmaciens, des intervenants du domaine de la toxicomanie et des fonctionnaires. La coalition a participé à la production du rapport S’abstenir de faire du mal1 du Centre canadien de lutte contre les toxicomanies.

Outre ces programmes de surveillance mentionnés par le Collège des médecins et chirurgiens de l’Alberta, ajoutons qu’Alberta Blue Cross surveille le programme de médicaments d’ordonnance d’Alberta Works. Le rapport mensuel sur l’utilisation des médicaments indique les usagers dont la consommation est élevée et à qui l’on peut imposer la fréquentation d’une même pharmacie pendant un mois6.

Le professionnel de la santé peut connaitre les médicaments que prend l’usager et ceux qu’il a pris par le passé grâce au Réseau d’information pharmaceutique, volet du dossier de santé électronique (DSE) d’Alberta Netcare7. Ce réseau constitue le registre central des profils pharmaceutiques indiquant la liste des ordonnances, l’historique des médicaments remis à l’usager, ses allergies et ses intolérances. L’information provient des pharmacies communautaires et des pharmacies de consultations externes; à terme cependant, le Réseau renfermera l’information communiquée par tous les prescripteurs. Par l’entremise de ce système, les pharmacies, les cabinets de médecins, les établissements de soins de santé primaires et d’autres établissements de santé peuvent échanger de l’information en temps réel, de l’information qu’ils peuvent obtenir avant de prescrire un médicament ou d’exécuter une ordonnance.

De plus, le message « ordonnance en double » le cas échéant est généré au cours du traitement de la demande de règlement.

(Entretien personnel avec Karen Smilski, gouvernement de l’Alberta, Edmonton [Alberta] en juin 2014, avec la Dre Janet L. Wright, Collège des médecins et chirurgiens de l’Alberta, Edmonton [Alberta], le 3 janvier 2014, et avec Dale Cooney, Collège des pharmaciens de l’Alberta, Edmonton [Alberta], le 15 janvier 2014)

Saskatchewan 

Sous l’égide du Collège des médecins et chirurgiens de la province, le programme d’examen de la prescription de la Saskatchewan surveille la prescription, l’exécution des ordonnances et l’utilisation des produits énumérés à la liste des médicaments surveillés. Le but du programme consiste « à réduire la consommation excessive et le détournement… par rapport à l’abus et au potentiel d’abus à l’heure actuelle en Saskatchewan »8. Le Collège des pharmaciens, le Collège des chirurgiens dentistes, l’Association des infirmières et infirmiers autorisés et le ministère de la Santé de la province participent au programme à titre de partenaires.

Le programme à visée éducative a adopté une démarche ascendante dans la détection des pratiques de prescription et d’exécution des ordonnances inappropriées. L’examen du profil pharmacothérapeutique des patients, l’examen des décès liés à la méthadone en collaboration avec le coroner en chef et la collaboration avec les services policiers à l’examen de l’usage illicite et du détournement de médicaments comptent parmi les activités choisies pour ce faire.

Le programme signale les cas d’abus ou de mésusage aux prescripteurs et offre des conseils et des recommandations sur la prescription et l’exécution des ordonnances des médicaments surveillés aux professionnels de la santé.

La prescription d’opioïdes en milligrammes n’a augmenté que de 4 % d’équivalent morphine dans les deux dernières années, indication de l’efficacité du programme essentiellement éducatif dans la détection de la prescription et de l’utilisation apparemment inappropriée des opioïdes.

Voici des médicaments qui font l’objet de la surveillance :

  • certains opioïdes et médicaments contrôlés, dont la méthadone et l’hydromorphone;
  • les amphétamines;
  • les stéroïdes anabolisants;
  • les barbituriques;
  • les benzodiazépines;
  • la buprénorphine;
  • l’hydrate de chloral;
  • les produits renfermant de la codéine;
  • le diéthylpropion;
  • la gabapentine.

Ce sont les rapports en nombre croissant des autorités policières sur le trafic et la saisie de gabapentine qui ont incité la province à ajouter ce produit à la liste des médicaments surveillés. De plus, au vu des problèmes d’innocuité relatifs à la mépéridine et à la pentazocine, la province a rayé ces deux médicaments des listes de médicaments couverts par le régime d’assurance médicaments provincial.

Outre le programme d’examen de la prescription, la Saskatchewan s’est dotée d’un programme d’information pharmacothérapeutique (PIP) afin de prévenir la prescription inappropriée et de réduire l’abus et le mésusage de médicaments d’ordonnance. Ce système est utile aux prescripteurs dans la sélection optimale des médicaments afin d’éviter des interactions médicamenteuses indésirables, le traitement en double et le risque d’abus. Si les antécédents de mésusage de médicaments d’ordonnance sont documentés, le pharmacien en examinant le profil pharmaceutique du patient dans le PIP en prendra connaissance et pourra adapter sa conduite devant ce risque d’abus. Le système facilite en outre la gestion de la polythérapie en cas de plan de traitement complexe et permet au pharmacien de connaitre les ordonnances de tous les prescripteurs remises au patient.

Le programme d’information pharmacothérapeutique comprend le profil pharmaceutique électronique de chaque bénéficiaire. Le programme est conçu de telle sorte que le pharmacien doit consulter ce profil avant d’exécuter l’ordonnance. Pour chaque médicament, le profil indique la date d’exécution initiale de l’ordonnance ou du renouvèlement, la quantité de médicaments remise, le nom du pharmacien et la pharmacie. Par conséquent, le pharmacien est à même de constater s’il y a obtention d’ordonnances multiples ou fréquentation de plusieurs pharmacies avant de déterminer s’il exécutera l’ordonnance ou refusera de le faire.

De plus, le système de traitement en ligne des demandes de règlement des pharmacies signale les ordonnances multiples pour le même médicament dans une certaine période. L’avis d’ordonnance en double porte un code particulier.

Dans le cas des médicaments surveillés par le programme d’examen de la prescription, le pharmacien ne peut exécuter l’ordonnance que si elle est manuscrite ou générée électroniquement et que si elle renferme l’information obligatoire selon la loi :

  • la date de naissance du patient;
  • l’adresse du patient;
  • la quantité totale de médicaments prescrite, en chiffres et en lettres;
  • le numéro d’identification personnel de l’usager aux fins des soins de santé;
  • le nom et l’adresse du prescripteur.

Étant donné que l’information est saisie électroniquement, l’ordonnancier en plusieurs exemplaires n’est plus nécessaire.

Ainsi, tous les médicaments, y compris les opioïdes et les médicaments contrôlés, peuvent être prescrits électroniquement par l’entremise du PIP et prévenir la contrefaçon ou la falsification d’ordonnances.

Au vu des rapports sur le mésusage du bupropion à libération prolongée, le programme d’examen de la prescription surveille le mésusage et les effets néfastes ou méfaits liés à cette substance pour déterminer s’il l’ajoutera à la liste des médicaments surveillés.

(Entretien personnel avec Rachel Cheruvallath, ministère de la Santé, Regina [Saskatchewan], le 15 janvier 2014, et avec Doug Spitzig, Programme d’examen de la prescription, Collège des médecins et chirurgiens, Saskatoon [Saskatchewan], le 28 janvier 2014) 

Manitoba 

En mai 2012, la province a modifié sa loi Prescription Drugs Cost Assistance Act pour renforcer la surveillance et améliorer la prescription des opioïdes, des médicaments contrôlés et d’autres médicaments. Voici certain des nouveaux aspects de la loi :

  • Établissement d’une nouvelle catégorie de médicaments, les médicaments surveillés, pour intensifier la surveillance de la prescription, de l’exécution des ordonnances et de l’utilisation des médicaments énumérés dans la loi.
  • Partenariat entre les organismes de règlementation, dont le Collège des médecins et chirurgiens du Manitoba, et le ministère de la Santé afin de surveiller les habitudes de prescription.

Le ministère de la Santé a adopté un programme de surveillance de la prescription et formé un comité d’experts externes responsable de l’examen de l’utilisation des médicaments :

  • Le programme de surveillance de la prescription, Improving Medication Prescribing and Outcomes Via Medical Education (IMPRxOVE) Program, qui porte sur les benzodiazépines et les opioïdes entre autres, repose sur la vérification et la rétroaction. Il procède à l’examen mensuel des demandes de règlement des pharmacies en fonction d’algorithmes cliniques afin de détecter les habitudes de prescription non conformes aux lignes directrices de pratique clinique fondées sur des données probantes et offre de la rétroaction précise aux prescripteurs. Les données examinées proviennent de sources d’information telle que le Réseau d’information des programmes de médicaments (DPIN pour Drug Program Information Network). Le programme IMPRxOVE entend améliorer les résultats cliniques et l’utilisation et la prescription des médicaments.
  • Le projet de loi 14, The Prescription Drugs Cost Assistance Amendment Act (surveillance des médicaments d’ordonnance et modifications diverses), accorde au ministère de la Santé le pouvoir d’établir le Comité d’examen des médicaments surveillés au Manitoba chargé d’examiner la prescription, l’exécution des ordonnances et l’utilisation des opioïdes, des benzodiazépines et des autres médicaments faisant l’objet de la surveillance. Le comité a mis sur pied un processus pour donner suite à ses constatations, notamment pour informer les professionnels de la santé à propos des lignes directrices et des pratiques exemplaires en matière de prescription et communiquer avec les instances règlementaires en cas de mode de pratique préoccupant.

Les ordonnances sont versées dans le réseau DPIN, système de traitement en temps réel des demandes de règlement adressées à PharmaCare. Au fur et à mesure que ces demandes parviennent au DPIN, deux mécanismes de traitement concomitants se mettent en branle : le règlement financier qui détermine si le médicament en question est couvert et s’il l’est dans l’indication en question et dans quelle mesure, et le règlement clinique qui passe par la révision de l’utilisation du médicament afin d’évaluer l’ordonnance en regard du profil pharmacothérapeutique de l’usager, de cerner les effets indésirables potentiels et de communiquer au pharmacien les précautions à prendre ou toute activité frauduleuse le cas échéant. Au besoin, le système transmet en temps réel une mise en garde et un avis de rejet de la demande de règlement au pharmacien au point de service. En tant que source d’information additionnelle, le DPIN est un outil décisionnel destiné à améliorer les pratiques de surveillance des médicaments d’ordonnance au Manitoba.

Le Prescribing Practices Program du Manitoba (M3P) prévoit la déclaration des ventes des narcotiques et des médicaments contrôlés. Ce sont entre autres les stimulants, les produits contenant de la codéine, Suboxone et la kétamine9. S’il constate que l’utilisation d’un médicament en particulier pose problème, il formule une recommandation d’ajout de ce médicament à la liste des médicaments surveillés au comité mixte qui le supervise.

Le ministère de la Santé surveille les médicaments ou les classes de médicaments relevant des codes du Système de classification anatomique thérapeutique chimique que voici : N01A (anesthésiques généraux), N02 (analgésiques), N05C (hypnotiques et sédatifs) et N06B (psychostimulants, médicaments destinés au traitement du trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité et nootropes).

Le Collège des pharmaciens du Manitoba intervient également au sein du Réseau communautaire canadien d’épidémiologie des toxicomanies (RCCET), projet de surveillance qui favorise le réseautage des organismes intéressés par les tendances et les schémas d’utilisation des médicaments et des drogues à l’échelle locale, du pays ou de la scène internationale. Le Collège communique de l’information et des données sur le M3P, la contrefaçon de médicaments d’ordonnance et le vol de médicaments dans les pharmacies du Manitoba en prévision du rapport annuel du réseau provincial. Le Centre canadien de lutte contre les toxicomanies, qui chapeaute le réseau, compile l’information des rapports provinciaux et la diffuse dans tout le pays.

(Entretien personnel avec Susan Lessard-Friesen, Collège des pharmaciens du Manitoba, Winnipeg [Manitoba], le 4 février 2014, et avec Kathy McDonald, Santé Manitoba, Winnipeg [Manitoba], le 7 janvier 2014)

Ontario

Le gouvernement de l’Ontario a adopté la Loi de 2010 sur la sécurité et la sensibilisation en matière de stupéfiants qui accorde au ministère de la Santé et des Soins de longue durée le pouvoir de surveiller les activités de prescription et d’exécution des ordonnances des stupéfiants et d’autres substances contrôlées en Ontario. La loi exige du prescripteur qu’il indique le numéro d’identification personnel du patient aux fins des soins de santé et son numéro d’immatriculation sur l’ordonnance de tout médicament surveillé.

En 2012, la province a mis sur pied le Système de surveillance des stupéfiants et des substances contrôlées à qui les pharmacies doivent communiquer les renseignements ayant trait à l’exécution des ordonnances de stupéfiants et d’autres médicaments faisant l’objet de la surveillance. Le système fait office de base de données centrale sur laquelle repose l’examen rétrospectif des activités d’exécution des ordonnances et de préparation des médicaments et qui permet également la révision de l’utilisation de médicament en temps réel. Lorsque la pharmacie transmet un dossier pharmacothérapeutique au système, il effectue des vérifications dans le cadre d’une révision de l’utilisation des médicaments.

Le système de surveillance communique des avis et des mises en garde aux pharmacies en temps réel en cas d’ordonnances multiples ou de fréquentation de plusieurs pharmacies au cours d’une même période. Il ne divulgue pas d’information sur les patients ni sur les modalités de prescription aux médecins.

De concert avec des médecins et des pharmaciens, l’Ordre des médecins et chirurgiens de l’Ontario, le Collège des pharmaciens de l’Ontario et des associations professionnelles, la province se penche sur la question de la communication d’information provenant du système aux prescripteurs, aux pharmaciens et aux instances de règlementation : circonstances, nature des renseignements, etc.

L’Ontario surveille tous les médicaments visés à la Loi règlementant certaines drogues et autres substances, ainsi que des opioïdes non mentionnés dans la Loi, dont le tramadol et le tapentadol10.

(Entretien personnel avec le Dr Rocco Gerace, Ordre des médecins et chirurgiens de l’Ontario, Toronto [Ontario], le 20 décembre 2013, et avec Angie Wong, Direction des programmes publics de médicaments de l’Ontario, ministère de la Santé et des Soins de longue durée, Toronto [Ontario], le 4 mars 2014)

Nouveau-Brunswick

Au Nouveau-Brunswick, la nouvelle Loi sur la surveillance pharmaceutique, à laquelle a été accordée la sanction royale, entrera en vigueur dès que le système d’information pharmacothérapeutique sera prêt11.

Il est prévu que le système d’information et le programme de surveillance soient en vigueur en 2014 et que les pharmacies y transmettent des données à compter de l’automne 2014. Dès lors, le programme surveillera les médicaments visés à la Loi règlementant certaines drogues et autres substances et au Règlement sur les benzodiazépines et autres substances ciblées outre les opioïdes. Le programme surveillera également des médicaments apparentés aux benzodiazépines, comme le zopiclone, et d’autres opioïdes, dont le tramadol.

À l’heure actuelle, le Plan de médicaments sur ordonnance du Nouveau-Brunswick (PMONB) examine le profil pharmaceutique des bénéficiaires par un mécanisme de révision de l’utilisation des médicaments. L’objectif consiste à examiner l’utilisation des opioïdes, des médicaments contrôlés et des benzodiazépines pour détecter le mésusage ou l’abus le cas échéant et le réduire. En vertu de la législation actuelle et des contraintes du système, la collecte d’information sur l’utilisation de médicaments se limite aux bénéficiaires du PMONB.

(Entretien personnel avec Heidi Liston, Services pharmaceutiques, ministère de la Santé et du Bienêtre du Nouveau-Brunswick, Fredericton [N.-B.], le 23 janvier 2014) 

Nouvelle-Écosse

La Nouvelle-Écosse a établi son Prescription Monitoring Program (NSPMP) conformément à sa loi Prescription Monitoring Act. « Ses objectifs consistent à :

  • promouvoir l’utilisation appropriée des médicaments faisant l’objet de la surveillance;
  • réduire l’abus ou le mésusage des médicaments surveillés12. »

En vertu du pouvoir conféré par la Loi, la province a désigné Medavie Blue Cross comme administrateur du programme de surveillance. Dans l’exercice de cette fonction, Medavie a établi un système en ligne de collecte des données sur les médicaments surveillés préparés par les pharmacies communautaires de la province, sans égard au payeur des services de santé. Le programme de surveillance englobe tous les résidents de la province; par conséquent, le système renferme de l’information sur les bénéficiaires de tous les régimes d’assurance médicaments de la province.

Les substances ou produits énumérés dans la Loi règlementant certaines drogues et autres substances (loi canadienne), dans ses annexes ou dans les lois qui la remplacent sont visés par le programme de surveillance, à l’exception de :  

  • La testostérone utilisée en application topique en vue d’un effet local.
  • Les médicaments énumérés aux parties 1 et 2 de l’Annexe 1 du Règlement sur les benzodiazépines et autres substances ciblées relevant de la Loi règlementant certaines drogues et autres substances (Canada).

Il est prévu que le programme étende sa surveillance aux benzodiazépines à compter de 2014.

Le programme de la Nouvelle-Écosse propose divers services destinés à guider et à soutenir les prescripteurs et les pharmaciens à propos de l’utilisation optimale des médicaments surveillés et à protéger le public contre les méfaits liés au mésusage et à l’abus de ces médicaments. Voici les services ou initiatives ayant trait à la surveillance :

  • Mise en commun du profil pharmacothérapeutique des usagersles prescripteurs, les pharmaciens et les organismes d’application de la loi ont accès à de l’information détaillée sur l’usage que fait le patient des médicaments faisant l’objet de la surveillance.
  • Surveillance du respect de l’entente entre le patient et le prescripteur — Lorsque le prescripteur estime nécessaire de conclure une entente de traitement avec le patient, le programme surveillera le profil pharmacothérapeutique du patient pour vérifier l’observance thérapeutique.
  • eAccess — Service offert aux prescripteurs et aux pharmaciens consistant en l’accès à un site Web sécurisé où ils peuvent obtenir de l’information sur le profil pharmacothérapeutique du patient durant les heures d’ouverture du programme ou hors de ces heures. Ainsi, les prescripteurs et les pharmaciens obtiennent l’information dont ils ont besoin au moment où ils en ont besoin afin de déterminer le traitement optimal pour le patient tout en favorisant l’utilisation appropriée des médicaments sous surveillance et la réduction de l’abus ou du mésusage de ces médicaments.

La révision de l’utilisation des médicaments par l’examen des données des programmes d’assurance médicaments permet de cerner les bénéficiaires qui consomment des médicaments d’ordonnance à l’excès, de relever les ordonnances non conformes aux critères de prescription établis et de faire état des incidents d’ordonnances multiples. Les incidents ayant trait aux médicaments sous surveillance sont communiqués au programme, qui les a déjà relevés pour la plupart. L’équipe de révision de l’utilisation des médicaments informe les médecins lorsque des patients consultent plusieurs médecins et obtiennent de multiples ordonnances pour le même motif.

(Entretien personnel avec Judith Fisher, ministère de la Santé et du Bienêtre de la Nouvelle-Écosse, Halifax [N.-É.], le 3 janvier 2014, et avec Kevin Lynch, Programme de surveillance de la prescription de la Nouvelle-Écosse, Halifax [N.-É.], le 22 janvier 2014)

Île-du-Prince-Édouard

Le système d’information pharmacothérapeutique de l’Île-du-Prince-Édouard est un système de surveillance des dossiers pharmacologiques en temps réel qui saisit l’information sur les médicaments d’ordonnance délivrés aux résidents, notamment sur les opioïdes, les benzodiazépines, les stimulants et la gabapentine. Toutes les pharmacies sont reliées au système d’information et ont l’obligation de l’utiliser en vertu de la loi. En outre, le Conseil des pharmaciens de la province impose aux pharmacies l’obligation de produire un rapport mensuel sur les mouvements d’opioïdes afin de surveiller l’inventaire de ces médicaments.

Étant donné que le système d’information couvre tous les médicaments prescrits à tous les patients, la province n’a pas recours à un programme de prescription en trois exemplaires. De plus, comme le système porte sur tous les médicaments, la province n’a pas à ajouter de produits pharmaceutiques à la liste des médicaments surveillés.

Les médecins ont accès au système d’information, mais ils n’ont pas l’obligation de le consulter; moins de la moitié des médecins de l’ile y sont inscrits.

Les plus vastes programmes de médicaments en vigueur à l’échelle de la province dans le cadre desquels l’information sur les médicaments d’ordonnance est collectée sont le Seniors Drug Cost Assistance Program, qui représente plus de la moitié des ordonnances exécutées dans l’ile, et le Financial Assistance Drug Program, qui couvre environ 25 % des ordonnances remplies dans la province.

Bien que l’on sache que la gabapentine fait l’objet d’abus, le médicament ne figure pas sur la liste des médicaments contrôlés en ce moment.

(Entretien personnel avec Neila Auld, Conseil des pharmaciens de l’Île-du-Prince-Édouard, Charlottetown
[Î.-P.-É.], le 6 février 2014, et avec Roy Cairns, ministère des Services sociaux et Programmes de médicaments des ainés, Charlottetown [Î.-P.-É.], le 13 décembre 2013)

Terre-Neuve-et-Labrador

Terre-Neuve-et-Labrador a un programme d’ordonnancier difficile à falsifier destiné à réduire l’abus et le détournement de médicaments d’ordonnance. Les médecins, dentistes, infirmières et infirmiers praticiens spécialisés et vétérinaires de la province ont l’obligation d’y participer. Les prescripteurs sont tenus de prescrire les opioïdes à l’aide de cet ordonnancier, sinon le pharmacien n’exécutera pas l’ordonnance. Les prescripteurs doivent également utiliser cet ordonnancier pour prescrire d’autres médicaments contrôlés, notamment les stimulants, les produits contenant de la codéine, l’hydromorphone, la kétamine et la méthadone13.

L’on encourage les prescripteurs à conserver les ordonnanciers sous clé; ils doivent signaler promptement la perte ou le vol d’ordonnanciers au Conseil des pharmaciens de la province14. L’obligation d’utiliser l’ordonnancier difficile à falsifier ne tient pas en ce qui concerne la prescription de benzodiazépines14.

Territoires du Nord-Ouest

Les Territoires du Nord-Ouest en sont à mettre sur pied leur système de dossier médical informatisé, mécanisme numérique de consignation au dossier et de compte rendu, et registre central de toute l’information sur les patients des territoires. La prescription de médicaments aux patients passe obligatoirement par le dossier médical informatisé. Comme le système saisit et met à jour l’information sur toutes les ordonnances en temps réel, les professionnels de la santé peuvent officieusement surveiller le dossier pharmacothérapeutique des patients. Seulement 55 % de la population sont inscrits dans la base de données, mais le système couvrira progressivement tous les résidents.

Bon nombre d’ordonnances d’opioïdes sont transmises à la pharmacie par télécopieur plutôt que d’être remises aux patients.

(Entretien personnel avec le Dr Ewan Affleck, directeur de la médecine familiale, Agence de santé et de services sociaux de Yellowknife, Yellowknife [T. N.-O.], le 30 janvier 2014)

Services de santé non assurés

Le programme Services de santé non assurés transmet des mises en garde le cas échéant aux pharmacies par suite de l’évaluation des demandes de remboursement de médicaments. À titre d’exemple de message communiqué aux pharmacies, mentionnons la note précisant qu’un tel client s’est procuré récemment le même médicament à une autre pharmacie. Le pharmacien devra alors indiquer un code précis pour passer outre le message d’avertissement. De plus, en ce qui concerne les médicaments qui nous occupent ici, le programme communiquera un avertissement en cas de mésusage possible, par exemple :

  • trois ordonnances de benzodiazépines actives;
  • trois ordonnances d’opioïdes actives;
  • une ordonnance de méthadone et une ou des ordonnances d’opioïdes.

Pour améliorer la communication avec les professionnels de la santé et rehausser la sécurité des usagers, le programme Services de santé non assurés a mis en place le programme de surveillance des médicaments pour contrer l’utilisation inappropriée des opioïdes, des benzodiazépines, des stimulants et de la gabapentine. Par l’examen des profils pharmaceutiques, le programme cerne les clients qui font mauvais usage de ces médicaments et leur impose des restrictions, notamment la consultation d’un seul prescripteur d’une ou des quatre classes de médicaments afin de prévenir la consultation de plusieurs médecins et l’obtention d’ordonnances multiples pour le même motif. Si le client ou les professionnels de la santé qui le soignent ne se plient pas à la procédure du programme quant à la pharmacothérapie, le programme Services de santé non assurés se réserve le droit de refuser de couvrir le traitement médicamenteux. Le programme de surveillance des médicaments est d’abord entré en vigueur en Alberta en janvier 2007. En septembre 2011, il s’est étendu à toutes les régions du pays, sauf au Québec.

Le programme Services de santé non assurés accentue sa surveillance des prescripteurs et des pharmacies pour ce qui est des opioïdes, des benzodiazépines, des stimulants et de la gabapentine en examinant les données historiques sur la prescription et l’exécution des ordonnances de ces médicaments pour établir notamment les cas où ils sont prescrits à haute dose quotidienne et le nombre de patients à qui ces médicaments sont prescrits. Le programme intervient auprès des médecins et des pharmacies de façon individuelle dans le but de réduire l’abus des médicaments d’ordonnance. L’intervention peut consister en l’examen avec le prescripteur du schéma d’utilisation des médicaments par des patients en particulier.

(Entretien personnel avec Harold Boudreau et Carol Langlois, Services de santé non assurés, Santé Canada, Ottawa [Ontario], le 12 décembre 2013) 

Évaluation des programmes

Selon les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, il n’y a pas de mécanismes ou de procédures en place pour évaluer l’efficacité des programmes de surveillance de la prescription et de l’utilisation des médicaments au pays.

Directives au sujet de la contrefaçon, de la falsification ou de la perte d’ordonnances

En plus de l’ordonnancier difficile à falsifier ou de la prescription en trois exemplaires, plusieurs régimes d’assurance médicaments provinciaux et un régime fédéral ont établi un mode de communication intergouvernementale afin de rapporter la perte ou la contrefaçon d’ordonnances. Le mode varie selon le lieu et l’administration publique peut adopter plusieurs stratégies et techniques de notification des intervenants concernés.

Colombie-Britannique

Le Collège des pharmaciens et le programme d’examen de la prescription ont mis en place une chaine téléphonique afin de prévenir les pharmacies en cas de contrefaçon ou de vol d’ordonnanciers. La chaine se met en branle selon les rapports du Collège des pharmaciens ou de tiers comme des médecins ou des policiers.

(Entretien personnel avec Ashifa Keshavji, Collège des pharmaciens de la Colombie-Britannique, Vancouver
[C.-B.], le 28 janvier 2014, et avec le Dr Ailve McNestry, Collège des médecins et chirurgiens de la Colombie-Britannique, Vancouver [C.-B.], le 31 janvier 2014)

Alberta 

Les prescripteurs sont priés de rapporter le vol ou la perte d’ordonnanciers en trois exemplaires ou d’ordonnances au Collège des pharmaciens de l’Alberta, qui transmet un avis à ce sujet aux pharmacies et aux pharmaciens. Le patient n’est pas identifié, mais il est décrit en indiquant son sexe et son âge, par exemple. Le Collège fait paraitre la liste des ordonnanciers en trois exemplaires perdus ou volé sur son site Web. En 2010, le Collège des médecins et chirurgiens de la province a effectué un sondage à propos des ordonnances contrefaites ou falsifiées15. Il a constaté que la contrefaçon ou la falsification d’ordonnances de l’ordonnancier sécurisé est rare, que cela est plus fréquent avec les ordonnances ou ordonnanciers usuels.

(Entretien personnel avec la Dre Janet L. Wright, Collège des médecins et chirurgiens de l’Alberta, Edmonton [Alberta], le 3 janvier 2014, et avec Dale Cooney, Collège des pharmaciens de l’Alberta, Edmonton [Alberta], le 15 janvier 2014)

Saskatchewan

Si une pharmacie ou un service de police met la main sur une ordonnance contrefaite ou falsifiée, il communique avec le programme d’examen de la prescription de la province qui enclenche la surveillance de l’utilisation de médicaments par cette personne pendant une période indéterminée. Cette surveillance de durée indéterminée a pour but de prévenir les prescripteurs futurs des antécédents d’abus ou de mésusage de médicaments du patient et de protéger le patient et le public des méfaits potentiels découlant de l’abus ou du mésusage.

Le ministère de la Santé de la Saskatchewan verse des honoraires au pharmacien qui refuse d’exécuter une ordonnance en cas de suspicion de mésusage ou d’abus du médicament. Ainsi, le pharmacien qui juge que l’ordonnance est contrefaite ou falsifiée ou qui soupçonne que le client fréquente plusieurs pharmacies ou obtient des ordonnances multiples en consultant plusieurs médecins pour le même motif se voit accorder ces honoraires de « refus d’exécuter l’ordonnance ».

(Entretien avec Rachel Cheruvallath, ministère de la Santé, Regina [Saskatchewan], le 15 janvier 2014, et avec Doug Spitzig, Programme d’examen de la prescription, Collège des médecins et chirurgiens, Saskatoon [Saskatchewan], le 28 janvier 2014)

Manitoba

Le Collège des pharmaciens du Manitoba coordonne un système d’alerte de contrefaçon à la grandeur de la province. Lorsqu’un pharmacien ou un prescripteur déterminent qu’une ordonnance est contrefaite ou falsifiée ou qu’un prescripteur se rend compte de la perte d’un ordonnancier en trois exemplaires (supposément volé), ils signalent l’incident au Collège qui prévient toutes les pharmacies de la province par un avis « d’alerte de contrefaçon » transmis par télécopieur ou courriel. La pharmacie est tenue de se doter d’un système de communication de cette information à tout son personnel. Le pharmacien qui détermine qu’une ordonnance est contrefaite ou falsifiée a l’obligation de rapporter la contrefaçon ou la falsification au ministère de la Santé, au Collège des pharmaciens et au service de police de la localité. Le prescripteur peut en informer directement le service de police ou faire part de l’incident au Collège des médecins et chirurgiens ou au Collège des pharmaciens de la province. De plus, le régime d’assurance médicaments de la province informe les pharmaciens des cas d’usage frauduleux de numéros d’identification personnels aux fins des soins de santé.

(Entretien personnel avec Susan Lessard-Friesen, Collège des pharmaciens du Manitoba, Winnipeg [Manitoba], le 4 février 2014, et avec Kathy McDonald, Santé Manitoba, Winnipeg [Manitoba], le 7 janvier 2014)

Ontario

Les prescripteurs peuvent rapporter la contrefaçon, la falsification ou la perte d’ordonnances à la Direction des Programmes de médicaments publics de l’Ontario du ministère de la Santé et des Soins de longue durée. Le Ministère transmet un avis à ce sujet par courriel à toutes les pharmacies.

(Entretien personnel avec Angie Wong, Direction des programmes de médicaments, ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l’Ontario, Toronto [Ontario], le 24 septembre 2014)

Québec

Lorsqu’un patient consulte plusieurs médecins pour le même motif afin d’obtenir des ordonnances multiples et fréquente plusieurs pharmacies dans la même période pour obtenir des médicaments pouvant engendrer la dépendance, le programme Alerte16 de l’Ordre des pharmaciens du Québec diffuse un avis à ce sujet aux pharmaciens et aux pharmacies du quartier ou de la localité.

(Entretien personnel avec Michel Caron, Ordre des pharmaciens du Québec, Montréal [Québec], le 12 février 2014)

Nouveau-Brunswick

Par l’entremise du Programme de surveillance pharmaceutique, le pharmacien peut inscrire un avis de « refus d’exécution d’ordonnance » dans le système en ligne. Cette nouvelle fonctionnalité du programme pourrait faciliter le repérage des ordonnances contrefaites ou falsifiées.

(Entretien personnel avec Heidi Liston, Services pharmaceutiques du Nouveau-Brunswick, ministère de la Santé et du Bienêtre, Fredericton [N.-B.], le 23 janvier 2014)

Nouvelle-Écosse

Le programme de surveillance pharmaceutique de la province a prévu un mécanisme d’annulation d’ordonnances centralisé, et il est en mesure de suivre les prescripteurs individuellement grâce à son système électronique. Le système peut également diffuser des messages d’alerte au sujet d’activités criminelles ou préoccupantes et communiquer cette information avec les organismes d’application de la loi le cas échéant.

(Entretien personnel avec Kevin Lynch, Nova Scotia Prescription Monitoring Program, Halifax [N.-É.], le 22 janvier 2014)

Île-du-Prince-Édouard

Lorsqu’un pharmacien ou un médecin viennent à savoir qu’une ordonnance est contrefaite ou falsifiée, ils sont tenus d’en informer le Conseil des pharmaciens de la province. Celui-ci enclenche immédiatement une chaine de courriels transmis par le système d’information pharmacothérapeutique afin de prévenir tous les pharmaciens et les pharmacies.

(Entretien personnel avec Roy Cairns, ministère des Services sociaux et Programmes de médicaments des ainés, Charlottetown [Î.-P.-É.], le 13 décembre 2013)

Communication intergouvernementale

D’après les répondants, il n’y a pas de mécanismes de communication intergouvernementale pour coordonner la surveillance de la prescription, de l’exécution des ordonnances et de l’utilisation des opioïdes, des benzodiazépines, des stimulants ou de la gabapentine. Les répondants estiment qu’un tel système permettrait de surveiller la consultation de plusieurs médecins pour le même motif dans les provinces frontalières.

Limites et balises des régimes d’assurance médicaments

Les régimes d’assurance médicaments publics des provinces et du gouvernement fédéral gèrent la consommation excessive d’opioïdes et d’autres médicaments en limitant le nombre de doses remboursées dans une période déterminée et les renouvèlements hâtifs.

Alberta

Outre d’imposer aux clients l’obligation de se rendre à une pharmacie en particulier pour obtenir leurs médicaments, Alberta Works peut exiger que la quantité de certains médicaments prescrits aux clients dont le nom figure sur son rapport mensuel des grands consommateurs de médicaments soit limitée.

Les programmes de médicaments du gouvernement de l’Alberta ont établi des directives relatives aux médicaments couverts, y compris ceux pouvant donner lieu à de l’abus :

  • Renouvèlement hâtif — s’applique aux demandes de paiement de tous les médicaments fournis dans une quantité couvrant 90 jours ou plus. La demande de paiement subséquente sera acceptée seulement si 70 % de la quantité de médicaments fournis précédemment a été utilisée.
  • Approvisionnement maximal — la quantité maximale de médicaments délivrée à l’exécution de l’ordonnance est la quantité nécessaire pendant 100 jours (dans certains programmes ou pour certains médicaments, cette limite peut être de 31 ou 34 jours).
  • Les demandes de paiement du même médicament sur la foi du numéro d’identification du médicament (DIN) délivré au même patient à plusieurs reprises le même jour sont rejetées.
  • Refus d’exécuter une ordonnance — Le pharmacien a droit à des honoraires s’il refuse d’exécuter une ordonnance sur le motif d’un risque de consommation excessive ou d’abus ou en cas d’ordonnance contrefaite, falsifiée ou altérée.

(Entretien personnel avec Karen Smilski, gouvernement de l’Alberta, Edmonton [Alberta] en juin 2014)

Colombie-Britannique

Le programme PharmaCare de la Colombie-Britannique a formulé cinq directives pour gérer la consommation excessive des opioïdes et d’autres médicaments donnant lieu à de l’abus :

  • Autorisation spéciale — la plupart des opioïdes à libération prolongée ne sont couverts que par l’entremise du mécanisme d’autorisation spéciale reposant sur des critères cliniques prédéterminés.
  • Approvisionnement maximal — En vertu de la directive d’exécution d’ordonnance à court terme de PharmaCare, applicable notamment aux opioïdes, aux benzodiazépines et aux barbituriques, la quantité maximale payable est celle couvrant 30 jours.
  • Renouvèlement hâtif — PharmaCare ne couvre pas le renouvèlement d’une ordonnance lorsqu’il reste plus de 14 jours de médicaments du dernier renouvèlement. Le programme fait exception à cette règle si le renouvèlement hâtif est justifié par un motif légitime.
  • Le même jour — PharmaCare ne couvre pas l’exécution à plusieurs reprises le même jour de la même ordonnance pour le même patient à moins qu’un code d’intervention approprié soit inscrit dans le système.
  • Honoraires pour services particuliers — le pharmacien a droit à des honoraires pour services particuliers s’il refuse d’exécuter une ordonnance en raison de la suspicion de consommation excessive, de la fréquentation de plusieurs pharmacies pour obtenir les mêmes médicaments ou de consultation de plusieurs médecins sur le même motif pour obtenir des ordonnances multiples.

(Entretien avec Patrick Crawford, ministère de la Santé de la Colombie-Britannique, New Westminster [C.-B.], le 5 février 2014)

Saskatchewan

Selon les modalités de règlement des demandes de paiement, le nombre de renouvèlements d’une ordonnance est limité à 3 en 45 jours. Si l’ordonnance est remplie plus souvent dans cette période, le pharmacien doit justifier la fréquence de renouvèlement avant que le régime d’assurance médicaments autorise le paiement. Le régime se réserve le droit de demander au prescripteur des renseignements cliniques complémentaires, de la documentation ou une lettre exposant la nécessité d’augmenter la fréquence de la délivrance de médicaments.

Le programme de médicaments autorisera en outre la prise du médicament sous la supervision du pharmacien et la provision de médicaments hebdomadaire ou à la quinzaine pour contrer l’abus ou le mésusage.

En Saskatchewan, les demandes de paiement ayant trait aux opioïdes, sauf le fentanyl et certains médicaments d’usage limité ou couverts sous autorisation spéciale, sont réglées en ligne. La demande de paiement de fentanyl ne sera réglée en ligne que si une ordonnance d’opioïde à libération prolongée ou injectable, comme l’hydromorphone, l’oxycodone ou la morphine, a été exécutée dans les six derniers mois.

(Entretien avec Rachel Cheruvallath, ministère de la Santé, Regina [Saskatchewan], le 15 janvier 2014)

Manitoba

Santé Manitoba n’a pas émis de directives de remboursement particulières pour gérer la consommation excessive d’opioïdes, de benzodiazépines, de stimulants ou de gabapentine. Toutefois, le ministère gère l’utilisation dans une certaine mesure en déterminant les modalités d’inscription des médicaments à la liste des médicaments assurés, dont les produits inadmissibles à la couverture ou les médicaments d’exception. Par exemple :

  • OxyNeo est couvert en vertu de la partie 3 sur les médicaments d’exception, seulement s’il est prescrit en fonction de critères précis.
  • Les formulations génériques d’OxyContin ne sont pas couvertes.

(Entretien avec Kathy McDonald, Santé Manitoba, Winnipeg [Manitoba], le 7 janvier 2014)

Ontario

En Ontario, des opioïdes sont remboursés par l’entremise du mécanisme d’usage restreint ou du Programme d’accès exceptionnel; dans les deux cas, le prescripteur doit documenter les critères d’admissibilité du patient.

Le 29 février 2012, le Programme de médicaments de l’Ontario a rayé OxyContin de la liste des médicaments couverts dans la catégorie d’usage restreint et il a ajouté OxyNeo à sa liste de médicaments offerts par le Programme d’accès exceptionnel dans le traitement de la douleur chronique et à ceux offerts par le processus d’accès facilité aux médicaments utilisés en soins palliatifs dans le traitement de la douleur d’origine cancéreuse ou de la douleur chez le patient en fin de vie. OxyNeo en comprimés de 60 mg ou de 80 mg n’est pas couvert dans le cadre du Programme d’accès exceptionnel. En comprimés de 80 mg, OxyNeo est couvert par l’entremise du processus d’accès facilité aux médicaments employés en soins palliatifs. Pour toutes les demandes adressées au Programme d’accès exceptionnel, les médecins sont invités à se conformer aux lignes directrices de pratique exemplaire dans l’utilisation sure et efficace des opioïdes dans le traitement de la douleur chronique non cancéreuse, dont les Canadian Guideline for Safe and Effective Use of Opioids for Chronic Non-Cancer Pain.17

(Entretien personnel avec Angie Wong, Programmes de médicaments, ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l’Ontario, Toronto [Ontario], le 24 septembre 2014)

Provinces de l’Atlantique

L’arrivée d’OxyNeo sur le marché et les problèmes ayant trait à l’oxycodone ont incité le Comité d’examen commun de l’Atlantique, formé par les provinces de l’Atlantique, à étudier l’interchangeabilité des opioïdes d’action prolongée et des opioïdes d’action brève. Les provinces de la région élaborent des procédures de restriction de l’accès à ces produits et à d’autres opioïdes.

(Entretien personnel avec Roy Cairns, ministère des Services sociaux et Programmes de médicaments des ainés, Charlottetown [Î.-P.-É.], le 3 janvier 2014)

Nouveau-Brunswick

Outre la révision de l’utilisation des médicaments, le Plan de médicaments sur ordonnance du Nouveau-Brunswick (PMONB) limite la quantité annuelle d’opioïdes, de stimulants, de benzodiazépines et de zopiclone. Dans le cas du bénéficiaire qui a obtenu la quantité maximale avant la fin de l’année, le prescripteur doit communiquer avec le système vocal interactif pour contourner cette limite afin que la demande de paiement soit acceptée.

(Entretien personnel avec Heidi Liston, Services pharmaceutiques, ministère de la Santé et du Bienêtre du Nouveau-Brunswick, Fredericton [N.-B.], le 23 janvier 2014)

Île-du-Prince-Édouard

L’Île-du-Prince-Édouard compte 27 programmes de médicaments, dont 11 fonctionnent par l’intermédiaire des pharmacies communautaires. Certains interdisent le renouvèlement hâtif, quel que soit le motif, alors que d’autres ne l’autorisent que lorsque la période écoulée depuis le dernier renouvèlement correspond à 80 % de l’intervalle de renouvèlement, sinon la demande de remboursement ne sera pas acceptée.

Les plus vastes programmes de médicaments de la province sont le programme de médicaments des ainés, qui regroupe à lui seul près de la moitié des demandes de paiement de médicaments adressées au ministère de la Santé, et le programme d’appui financier qui représente environ 25 % des demandes de paiement. Le programme de médicaments des ainés autorise le renouvèlement lorsque 80 % de l’intervalle de renouvèlement prévu s’est écoulé, tandis que le programme d’appui financier n’autorise pas le renouvèlement hâtif, quel que soit le médicament ou le motif.

L’on attend des pharmaciens qu’ils exercent leur jugement professionnel et qu’il refuse la demande de renouvèlement hâtif en cas de suspicion d’abus ou de mésusage.

(Entretien personnel avec Roy Cairns, ministère des Services sociaux et Programmes de médicaments des ainés, Charlottetown [Î.-P.-É.], le 13 décembre 2013)

Services de santé non assurés

Le programme Services de santé non assurés a fixé des limites quant à la quantité de certains médicaments remis au point de vente (pharmacie). Ces directives ont pour objectif de contrer la consommation excessive de ces médicaments et d’accroitre la sécurité du patient. Voici les nouvelles limites :

  • Opioïdes — Le 30 septembre 2013, le programme a limité la dose quotidienne d’opioïde à 600 mg et, le 20 octobre 2014, il a réduit cette limite à l’équivalent de 500 mg de morphine. Cette directive ne s’applique pas au patient en soins palliatifs ni au patient atteint de cancer. Par cette initiative, le programme souhaite surveiller les bénéficiaires qui prennent un opioïde à une dose supérieure à la dose « seuil de vigilance » de 200 mg d’équivalent morphine par jour et réduire progressivement leur nombre, conformément à la recommandation de Canadian Guideline for Safe and Effective Use of Opioids for Chronic Non-Cance17. Il s’inspire des pratiques exemplaires et des principes de sécurité du patient dans la détermination de ces limites et il entend ainsi instituer un dialogue avec les fournisseurs de services et les prescripteurs à propos des opioïdes à dose élevée et encourager les prescripteurs à réduire progressivement et en toute sécurité la dose des opioïdes le cas échéant.
  • Gabapentine — Le programme a abaissé la dose limite à 4 000 mg par jour en février 2014.
  • Benzodiazépines — Le programme a réduit la dose limite à 60 mg par jour en septembre 2014. Il procèdera à une nouvelle diminution afin de fixer à terme la limite à 40 mg par jour.

À souligner qu’en octobre 2013, le programme a limité la dose d’acétaminophène à 3 600 mg par jour pour ce qui est des produits renfermant soit de l’acétaminophène seul soit de l’acétaminophène et un opioïde.

En outre, le pharmacien dans l’exécution des ordonnances d’opioïdes figurant sur sa liste de médicaments couverts est tenu de limiter la quantité de médicaments remis au patient à la quantité nécessaire pour couvrir 30 jours.

(Entretien personnel avec Harold Boudreau et Carol Langlois, Services de santé non assurés, Santé Canada, Ottawa [Ontario], le 12 décembre 2013)

Directives de prescription de la méthadone et de Suboxone

Cinq provinces (Colombie-Britannique, Alberta, Manitoba, Québec et Nouvelle-Écosse) et un programme du gouvernement fédéral (Services de santé non assurés) ont prévu un ou des mécanismes précis afin de favoriser la prescription sécuritaire de méthadone. Il s’agit, par exemple, de la mise à jour des directives à l’intention des prescripteurs, de la collecte et de l’examen de données sur les patients et les prescripteurs ou de séances éducatives à l’intention des cliniciens et des pharmaciens.

Mentionnons également que Suboxone est couvert sous réserve d’un usage limité ou comme les autres médicaments par certains régimes d’assurance médicaments provinciaux.

Colombie-Britannique

La Colombie-Britannique a établi un programme de traitement d’entretien à la méthadone axé sur le long terme plutôt que sur l’éventualité de l’abstinence.

Le programme PharmaCare de la province s’est allié au Collège des médecins et chirurgiens, au Collège des pharmaciens et à d’autres organismes de la province pour penser le passage de la préparation extemporanée de méthadone à la préparation commerciale Methadose 10 mg/ml le 1er février 2014. La seule forme de Methadose autorisée est la préparation orale de méthadone à raison de 10 mg/ml. De plus, tous les pharmaciens autorisés à exécuter ces ordonnances, même les pharmaciens en exercice temporairement à la pharmacie désignée, doivent participer à la formation sur le sujet obligatoire offerte par le Collège des pharmaciens. Ces pharmaciens doivent rendre compte de l’achèvement de la formation dans la base de données eServices.

En raison de cette modification de la posologie, le Collège des pharmaciens de la Colombie-Britannique publiera sous peu une version mise à jour de son Methadone Maintenance Handbook qui parait sur son site Web18. Quant au Collège des médecins et chirurgiens de la province, il prévoit réviser son guide Recommendations for the Use of Methadone for Pain19 dans l’année à venir.

En outre, le Collège des pharmaciens a actualisé sa directive Professional Practice Policy 66 (PPP-66) Methadone Maintenance Treatment (MMT)20 et le guide d’application connexe pour favoriser l’uniformité des pratiques et de la prestation de services dans les pharmacies de la province.

En ce qui a trait à Suboxone, la province a convenu de le couvrir sous certaines restrictions. Elle a ajouté le médicament à la liste des médicaments couverts par PharmaCare à la lumière des résultats de son étude rétrospective de 12 ans (Methadone Maintenance Treatment in British Columbia, 1996-2008, Analysis and Recommendations, May 2010)21 qui indiquent que de nombreuses personnes dépendantes aux opioïdes n’ont pas accès à la méthadone ou n’en retirent pas d’effet bénéfique.

(Entretien personnel avec Patrick Crawford, ministère de la Santé de la Colombie-Britannique, New Westminster
[C.-B.], le 5 février 2014, avec Ashifa Keshavji, Collège des pharmaciens de la Colombie-Britannique, Vancouver
[C.-B.], le 28 janvier 2014, et avec le Dr Ailve McNestry, Collège des médecins et chirurgiens de la Colombie-Britannique, Vancouver [C.-B.], le 31 janvier 2014)

Alberta

Le Collège des médecins et chirurgiens de la province administre le processus d’exemption eu égard à la méthadone dans le cadre de son programme de traitement à la méthadone afin de soutenir les médecins qui le prescrivent. Le Collège a édicté des normes et des lignes directrices dans le traitement d’entretien à la méthadone et coordonne la tenue d’un atelier d’introduction au traitement d’entretien à la méthadone22.

Pour prescrire la méthadone dans le traitement de la dépendance aux opioïdes, le médecin doit se plier à certaines exigences, notamment :

  • obtenir une lettre d’appui du Collège des médecins et chirurgiens de la province pour demander l’exemption eu égard à la méthadone;
  • assister à l’atelier d’introduction au traitement d’entretien à la méthadone.

En 2013, la province a mis à jour ses Alberta Methadone Maintenance Treatment Standards and Guidelines for Dependence23 afin de tenir compte des données probantes et des pratiques exemplaires actuelles en matière de sécurité.

En collaboration avec le Centre de toxicomanie et de santé mentale et la faculté de médecine de l’Université de Calgary, le Collège des médecins et chirurgiens élabore un cours en ligne sur le traitement d’entretien à la méthadone en cas de dépendance aux opioïdes.

L’expérience accrue avec la buprénorphine, l’amélioration de la sécurité dans l’utilisation de ce produit et les défis que pose l’accès au traitement d’entretien à la méthadone ont incité le Collège des médecins et chirurgiens à revoir ses exigences et critères de prescription. Après avoir consulté des médecins experts dans le traitement de la dépendance aux opioïdes, le conseil d’administration du Collège a entériné les modifications apportées à la prescription de l’association de buprénorphine et de naloxone (Suboxone) pour éliminer des obstacles entravant l’accès aux soins, particulièrement dans les hôpitaux et autres établissements de soins de santé (maisons de soins infirmiers ou centres d’hébergement et de soins de longue durée, par exemple) et dans les centres de détention où la prescription et l’exécution des ordonnances de médicaments contrôlés sont régies par des règles strictes.

Le médecin n’aura pas à obtenir l’exemption eu égard à la méthadone pour prescrire la buprénorphine aux personnes dépendantes aux opioïdes. Dans certaines situations cliniques, une formation et de l’expérience particulières seront exigées24. (Pour plus de renseignements, consultez le site Web du Collège des médecins et chirurgiens.)

Dans les régimes d’assurance médicaments publics de la province, Suboxone est couvert au même titre que les autres médicaments assurés.

(Entretien personnel avec Karen Smilski, gouvernement de l’Alberta, Edmonton [Alberta] en juin 2014, avec la Dre Janet L. Wright, Collège des médecins et chirurgiens de l’Alberta, Edmonton [Alberta], le 3 janvier 2014, et avec Dale Cooney, Collège des pharmaciens de l’Alberta, Edmonton [Alberta], le 15 janvier 2014).

Manitoba

La Société pharmaceutique du Manitoba a préparé des lignes directrices à l’intention des pharmaciens de la province : Principles for the Provision of Methadone by Manitoba Pharmacists. Les pharmaciens doivent en outre se conformer aux ententes contractuelles sur l’exécution des ordonnances de ce médicament conclues avec les programmes de médicaments du ministère de la Santé et avec la Direction de la santé des Premières nations et des Inuits de Santé Canada.

La division de l’éducation continue de la faculté de médecine de l’Université du Manitoba en collaboration avec le Collège des pharmaciens de la province propose un atelier de perfectionnement professionnel continu sur le sujet : Methadone: An Introduction to Clinical Practice.

(Entretien personnel avec Susan Lessard-Friesen, Collège des pharmaciens du Manitoba, Winnipeg [Manitoba], le 4 février 2014, avec Kathy McDonald, Santé Manitoba, Winnipeg [Manitoba], le 7 janvier 2014, et avec la Dre Anna Ziomek, Collège des médecins et chirurgiens du Manitoba, Winnipeg [Manitoba], le 17 janvier 2014)

Ontario

Les directives d’exécution des ordonnances dans le cadre du traitement d’entretien à la méthadone sont du ressort du Collège des pharmaciens de l’Ontario, alors que celles ayant trait au traitement d’entretien à la méthadone dans la prise en charge de la dépendance aux opioïdes ainsi que les normes et les lignes directrices de pratique clinique dans ce domaine relèvent de l’Ordre des médecins et chirurgiens de la province. Les deux organismes voient à la mise en application de ces directives dans le but de favoriser la prescription et l’exécution des ordonnances de méthadone en toute sécurité conformément aux normes et aux données probantes actuelles.

Le Programme de médicaments de l’Ontario couvre Suboxone dans la catégorie des médicaments d’usage restreint.

(Entretien personnel avec Angie Wong, Direction des programmes publics de médicaments de l’Ontario, ministère de la Santé et des Soins de longue durée, Toronto [Ontario] le 24 septembre 2014)

Québec

Le Collège des médecins du Québec tient la liste officielle des médecins autorisés à prescrire la méthadone. De plus, il surveille le cheminement de toutes les ordonnances de méthadone en collaboration avec l’Ordre des pharmaciens du Québec.

(Entretien personnel avec Michel Caron, Ordre des pharmaciens du Québec, Montréal [Québec], le 12 février 2014, et avec le Dr Ernest Prégent, Collège des médecins du Québec, Montréal [Québec], le 28 janvier 2014)

Nouvelle-Écosse

Le Programme de surveillance de la prescription de la Nouvelle-Écosse (NSPMP) comporte un volet de surveillance du traitement à la méthadone, lequel appuie les cliniques de traitement à la méthadone en veillant à ce que les patients n’aient pas accès à d’autres médicaments surveillés pendant le traitement25.

Services de santé non assurés

Il importe que les médecins et les pharmaciens surveillent étroitement l’utilisation des autres opioïdes, des benzodiazépines, des stimulants et de la gabapentine par le patient soumis au traitement à la méthadone pour optimiser la sécurité et l’efficacité du traitement et réduire au minimum le risque d’effets néfastes, d’abus et de détournement et que les prescripteurs de ces médicaments sachent que le client est traité à la méthadone. Par conséquent, le programme Services de santé non assurés couvre le traitement d’entretien à la méthadone selon les modalités d’usage restreint. Les bénéficiaires pour qui le traitement à la méthadone est autorisé sont de ce fait soumis au programme de surveillance pharmaceutique, lequel exige qu’un seul prescripteur rédige les ordonnances des médicaments mentionnés ci-dessus.

Le programme a mis en application cette directive en aout 2011 au Nouveau-Brunswick, en mars 2012 dans les autres provinces de l’Atlantique, en mai 2013 en Saskatchewan, en septembre 2013 au Manitoba, en mars 2014 en Alberta et en septembre 2014 en Ontario. Il planifie étendre la restriction aux quatre classes de médicaments dans toutes les provinces. La directive sur la méthadone s’appliquera aux usagers de toutes les provinces selon la capacité du programme.

Le programme couvre Suboxone dans la catégorie des médicaments d’usage restreint. Les restrictions établies par le Programme de surveillance des médicaments à l’égard des benzodiazépines, des stimulants et de la gabapentine s’appliquent également à Suboxone. Le programme exige du prescripteur qu’il justifie toute ordonnance d’opioïde destiné au patient traité par Suboxone.

(Entretien personnel avec Harold Boudreau et Carol Langlois, Services de santé non assurés, Santé Canada, Ottawa [Ontario], le 12 décembre 2013)

Autres initiatives

Éducation

Outre les directives, les administrations publiques et les organismes de règlementation professionnelle, ensemble ou individuellement, ont entrepris diverses initiatives dans l’espoir de contrer l’abus et le mésusage de médicaments d’ordonnance. Citons, à titre d’exemple, l’adhésion à S’abstenir de faire du mal : Répondre à la crise liée aux médicaments d’ordonnance au Canada publié par le Centre canadien de lutte contre les toxicomanies et la promotion de Canadian Guideline for Safe and Effective Use of Opioids for Chronic Non-Cancer Pain1,17.

Les cliniciens de tout le pays ont accès à des séances de formation ou à des modules éducatifs en ligne axés sur l’abus de médicaments d’ordonnance. Divers prestataires de services éducatifs offrent de l’éducation sur ce sujet, dont les organismes de règlementation professionnelle, les services d’éducation médicale continue affiliés aux universités et les administrations publiques dans le cadre de programmes de formation continue en pharmacothérapie.

En 2014, le Centre de recherche et de traitement de la douleur à l’Université McMaster, qui a chapeauté l’élaboration de Canadian Guideline for Safe and Effective Use of Opioids for Chronic Non-Cancer Pain, a inauguré un nouveau module d’enseignement en ligne sur la mise en application des lignes directrices dans la pratique. Le programme de formation destiné aux médecins est agréé et gratuit26.

Le Conseil canadien de l’éducation permanente en pharmacie offre aux pharmaciens du pays un programme sur tout ce qu’ils devraient savoir sur le mésusage des opioïdes27.

La gamme et la nature des initiatives en cours au pays varient selon le lieu et l’organisme parrain. Au fil de l’évolution des lignes directrices sur la prescription, l’exécution des ordonnances et l’utilisation des médicaments qui font l’objet d’abus au Canada, les provinces et les territoires ont conçu des outils d’aide à la décision destinés aux prescripteurs sous la forme de guides de pratique. Certaines régions se sont alliées aux organismes d’application de la loi et à des groupes communautaires dans leurs initiatives pour contrer l’abus de médicaments d’ordonnance.

Colombie-Britannique

En 2014, le programme de formation continue en pharmacothérapie du ministère de la Santé de la province proposera un nouveau module d’apprentissage sur les principes élémentaires de l’utilisation des opioïdes dans le traitement de la douleur chronique non cancéreuse28 afin d’éduquer les médecins et les professionnels de la santé à propos de l’utilisation sure et appropriée des opioïdes.

Le Collège des médecins et chirurgiens de la province organise chaque année une série de cours. En 2014-2015, il propose les cours ci-dessous ayant trait précisément aux opioïdes et à d’autres médicaments au potentiel d’abus :

  • Cours destiné aux prescripteurs afin d’enseigner aux médecins la conception de stratégies de communication utiles dans le counseling de patients aux prises avec de la douleur chronique.
  • Atelier de méthadone 101 pour les médecins exerçant en milieu hospitalier.
  • La mise en application des lignes directrices canadiennes sur l’utilisation des opioïdes dans le traitement de la douleur chronique.

La liste complète des activités de formation parait sur le site Web du Collège29.

(Entretien personnel avec Patrick Crawford, ministère de la Santé de la Colombie-Britannique, New Westminster
[C.-B.], le 5 février 2014, avec Ashifa Keshavji, Collège des pharmaciens de la Colombie-Britannique, Vancouver [C.-B.], le 28 janvier 2014, et avec le Dr Ailve McNestry, Collège des médecins et chirurgiens de la Colombie-Britannique, Vancouver [C.-B.], le 31 janvier 2014
)

Alberta

Le Collège des médecins et chirurgiens de l’Alberta suit l’évolution de l’utilisation de certains opioïdes dans les 10 dernières années; il note une augmentation de l’utilisation des préparations d’oxycodone. Il s’inspire de cette information dans ses activités éducatives et de soutien de la prescription à l’intention de ses membres. Voici quelques exemples :

  • Cours sur le traitement de la dépendance aux opioïdes — Le Collège prépare une version en ligne albertaine du cours sur le traitement de la dépendance aux opioïdes du Centre de toxicomanie et de santé mentale. De plus, il met sur pied un portail en ligne sécurisé où les médecins pourront consulter leur profil de prescription et le comparer à celui d’un groupe de pairs.
  • Les médicaments et les personnes âgées — Le Collège des médecins et chirurgiens et l’Association médicale albertaine conçoivent un outil électronique d’aide à la prescription (prescription optimale de médicaments à la personne âgée) destiné aux médecins de la province. Il comprendra des conseils pratiques, fondés sur des données probantes, sur la gestion de la pharmacothérapie chez les ainés. La question de la prescription des benzodiazépines et des opioïdes dans ce groupe de la population est un sujet important qui sera abordé dans cette trousse d’information.
  • Mise à jour des lignes directrices — Le Collège des pharmaciens de l’Alberta collabore avec le Collège des médecins et des chirurgiens à l’actualisation de ses lignes directrices sur le traitement médicamenteux de la dépendance aux opioïdes.
  • Programme de formation — Le Collège des médecins et chirurgiens et le Collège des pharmaciens sont à mettre sur pied un programme de formation inspiré du programme de traitement à la méthadone du Centre de toxicomanie et de santé mentale.
  • Exigences préalables à la prescription de médicaments contrôlés par les infirmières et les infirmiers praticiens spécialisés30 — En 2014, les infirmières et infirmiers praticiens spécialisés de l’Alberta ont obtenu le droit de prescrire des médicaments contrôlés. Pour pouvoir prescrire ces médicaments, ils doivent réussir un module d’apprentissage sur les médicaments contrôlés agréé par le Collège et l’Association des infirmières et infirmiers autorisés de l’Alberta et réussir l’examen de ces deux organismes sur la jurisprudence dans ce domaine. Après septembre 2015, les nouveaux diplômés pourront dès lors prescrire ces médicaments, car les deux exigences éducatives auront été incorporées à la formation31.

(Entretien personnel avec la Dre Janet L. Wright, Collège des médecins et chirurgiens de l’Alberta, Edmonton [Alberta], le 3 janvier 2014, et avec Karen Smilski, gouvernement de l’Alberta, Edmonton [Alberta] en juin 2014)

Saskatchewan

Les initiatives éducatives à l’intention des médecins et des infirmières et infirmiers praticiens de la province comprennent des séminaires sur les opioïdes et des sujets relatifs aux médicaments faisant l’objet d’une surveillance. La formation porte notamment sur des lignes directrices d’envergure pancanadienne comme Canadian Guideline for Safe and Effective Use of Opioids for Non-Cancer Pain17 et les lignes directrices de Canadian ADHD Resource Alliance (CADDRA)32. Des manuels et des normes de pratique encadrent également la prescription des médicaments visés par le programme d’examen de la prescription, dont les benzodiazépines.

Le Collège des pharmaciens de la Saskatchewan recommande de s’inscrire à ces webinaires pancanadiens en ligne de même qu’aux ateliers offerts par l’Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé, le Centre national de recherche et de traitement de la douleur et la Société médicale canadienne sur l’addiction.

La province apporte son concours à la mise sur pied de programmes locaux par des comités de stratégie de lutte contre l’abus de médicaments, diffuse de l’information par l’entremise de bulletins d’information et offre des séances d’information aux médecins émigrant dans la province dans l’intention d’y exercer leur profession.

La participation assidue de la Saskatchewan à la mise en œuvre de S’abstenir de faire du mal : Répondre à la crise liée aux médicaments d’ordonnance au Canada1 prend la forme d’activités de surveillance, d’activités éducatives et de sensibilisation, de recommandations d’ordre thérapeutique et de lobbyisme afin de promouvoir les modifications législatives appropriées.

(Entretien personnel avec Doug Spitzig, Programme d’examen de la prescription, Collège des médecins et chirurgiens, Saskatoon [Saskatchewan], le 28 janvier 2014)

Manitoba

Le Collège des pharmaciens du Manitoba ainsi que le ministère de la Santé de la province, la Fondation des toxicomanies du Manitoba et, par son entremise, le Centre canadien de lutte contre les toxicomanies, œuvrent au sein de comités à l’élaboration de nouvelles lignes directrices, pratiques ou initiatives relatives à la prescription et à l’exécution des ordonnances d’opioïdes et de médicaments contrôlés.

Pour appuyer l’initiative mise sur pied par le ministère de la Santé pour contrer l’abus d’oxycodone, le Collège des pharmaciens a siégé à un comité multipartite formé d’organismes et d’associations du secteur de la santé, de la Fondation des toxicomanies, d’organismes d’application de la loi et de fournisseurs de services sociaux. Durant de nombreuses années, le comité a formulé des recommandations sur l’éducation et la sensibilisation du public et des professionnels de la santé et sur la législation provinciale à l’intention du gouvernement afin de contrer l’abus d’oxycodone.

Depuis 2003, le Collège des pharmaciens siège au conseil d’administration de Partners Seeking Solutions with Seniors (PSSS), réseau qui compte plus de 60 intervenants rassemblés dans le but d’accroitre la sensibilisation à l’abus et au mésusage de médicaments chez les ainés, de promouvoir l’acquisition de connaissances sur ce sujet et de faciliter l’adoption de mesures de prévention et d’options thérapeutiques fondées sur des données probantes et l’accès à ces mesures et options. Le réseau regroupe des personnes âgées, des organismes offrant des services aux ainés, des organismes de santé, des praticiens, des fournisseurs de services du domaine de la toxicomanie et des représentants de groupes d’entraide, du gouvernement et du monde universitaire33.

Le Collège des médecins et chirurgiens du Manitoba, de concert avec le gouvernement de la province, étudie des possibilités de mise sur pied d’un programme de vérification de la prescription. Si le programme voit le jour, il comprendra des initiatives éducatives.

De plus, des recommandations du Comité d’examen des médicaments surveillés au Manitoba ont mené à la révision du matériel didactique destiné aux étudiants en médecine et aux médecins résidents à l’Université du Manitoba. La mise à jour avait pour but d’insister sur les aspects du traitement de la douleur chronique, notamment l’utilisation appropriée des opioïdes et des benzodiazépines.

Le service d’éducation permanente de l’Université du Manitoba tient des séances d’information sur l’utilisation des opioïdes et des benzodiazépines à l’intention des médecins praticiens.

(Entretien personnel avec Susan Lessard-Friesen, Collège des pharmaciens du Manitoba, Winnipeg [Manitoba], le 4 février 2014, avec Kathy McDonald, Santé Manitoba, Winnipeg [Manitoba], le 7 janvier 2014, et avec la Dre Anna Ziomek, Collège des médecins et chirurgiens du Manitoba, Winnipeg [Manitoba], le 17 janvier 2014)

Ontario

L’Ordre des médecins et chirurgiens n’offre pas d’activités éducatives sur la prescription de médicaments, mais il publie périodiquement de l’information sur des aspects de la prescription des médicaments dans sa revue Dialogue. Ainsi, la revue présentait en 2012 l’article « The Emergency Room: Not the right place for chronic pain management »34 qui recommandait aux médecins de s’en remettre aux Canadian Guideline for Safe and Effective Use of Opioids for Chronic Non-Cancer Pain17 à titre de principale source d’information et qui ajoutait d’autres recommandations dans le but d’établir des directives d’utilisation optimale des opioïdes au service des urgences.

Aux médecins souhaitant approfondir leurs connaissances sur le sujet, le Collège conseille le cours sur la prescription sécuritaire des opioïdes de l’Université de Toronto.

(Entretien personnel avec le Dr Rocco Gerace, Ordre des médecins et chirurgiens de l’Ontario, Toronto [Ontario], le 20 décembre 2013, et avec Angie Wong, Direction des programmes publics de médicaments de l’Ontario, ministère de la Santé et des Soins de longue durée, Toronto [Ontario] le 4 mars 2014)

Québec

Des établissements et des organismes de la province, dont des universités, la Fédération des médecins omnipraticiens et la Fédération des médecins spécialistes du Québec, offrent des cours sur les opioïdes, les benzodiazépines, les stimulants et d’autres médicaments faisant l’objet d’abus, souvent dans le cadre d’activités de perfectionnement professionnel continu35.

Le Collège des médecins communique de l’information sur papier et sur le Web à propos du traitement de la douleur chronique, de la sédation et de l’analgésie et d’autres sujets d’intérêt dans le cas qui nous occupe ici. De plus, il tient périodiquement un atelier sur la prise en charge de la douleur chronique.

L’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux publie des listes de sources de référence, des lignes directrices et des mises en garde sur certains médicaments comme l’oxycodone.

En 2008, l’Ordre des pharmaciens du Québec a offert une séance d’éducation continue sur la prise en charge de la douleur aigüe et de la douleur chronique dans des villes de la province. Les modules d’apprentissage couvrent notamment l’utilisation appropriée des opioïdes et d’autres produits, dont la gabapentine.

(Entretien personnel avec Michel Caron, Ordre des pharmaciens du Québec, Montréal [Québec], le 12 février 2014, et avec le Dr Ernest Prégent, Collège des médecins du Québec, Montréal [Québec], le 28 janvier 2014)

Nouveau-Brunswick

Le Nouveau-Brunswick a l’intention d’offrir une activité éducative à propos de la nouvelle directive du groupe d’examen commun des médicaments dans les provinces de l’Atlantique sur les limitations quantitatives en ce qui a trait aux opioïdes lorsque cette directive entrera en vigueur.

(Entretien personnel avec Heidi Liston, Services pharmaceutiques, ministère de la Santé et du Bienêtre du Nouveau-Brunswick, Fredericton [N.-B.], le 23 janvier 2014)

Nouvelle-Écosse

Le programme de surveillance pharmaceutique de la Nouvelle-Écosse (NSPMP) communique de l’information sur les médicaments d’ordonnance surveillés au public, aux praticiens et aux chercheurs dans le cadre des initiatives que voici :

  • Comparaison avec des pairs prescripteurs — Mis à la disposition des prescripteurs sur demande, le rapport présente leurs habitudes de prescription dans un schéma graphique et les compare avec celles de leurs pairs de la même région et des prescripteurs de la province.
  • Partage de données aux fins de recherche — Le programme de surveillance NSPMP fait office de source de données statistiques et de données agrégées sur l’utilisation des médicaments surveillés.
  • Médecin-conseil – Le médecin expert-conseil du NSPMP, médecin indépendant possédant de l’expertise dans la prescription d’opioïdes, est là pour conseiller les professionnels de la santé, l’effectif et les comités du NSPMP25.

En outre, le programme de surveillance NSPMP prévoit mettre en place d’ici 2017 ce qui suit :

  • l’accès à l’information jour et nuit pour les prescripteurs et les pharmaciens;
  • la poursuite de la communication de données sur les médicaments d’ordonnance entre le système d’information pharmacothérapeutique de la province et la base de données du programme de surveillance pharmaceutique NSPMP;
  • l’élimination du système de prescription en deux exemplaires;
  • l’étude de l’utilisation des médicaments;
  • la coordination avec les prestataires d’activités éducatives portant sur la prescription et l’utilisation des médicaments surveillés;
  • la collaboration entre les provinces afin d’atteindre les objectifs du programme.

(Entretien personnel avec Judith Fisher, ministère de la Santé et du Bienêtre de la Nouvelle-Écosse, Halifax [N.-É.], le 3 janvier 2014, et avec Kevin Lynch, Programme de surveillance de la prescription de la Nouvelle-Écosse, Halifax [N.-É.], le 22 janvier 2014)

Île-du-Prince-Édouard

L’Association des infirmières et infirmiers autorisés et la Société médicale de l’Île-du-Prince-Édouard ont tenu une conférence d’une journée en octobre 2013 : « Addictions Unplugged: Dispelling myths and facing facts, moving forward in addictions training in PEI ». Voici des sujets abordés à cette occasion :

  • Mythes et faits à propos du traitement de substitution aux opioïdes à l’Île-du-Prince-Édouard
  • Le point sur la prescription de méthadone
  • Tout ce que vous devez savoir sur la loi Narcotics and Safety Awareness Act36

(Entretien personnel avec Neila Auld, Conseil des pharmaciens de l’Île-du-Prince-Édouard, Charlottetown
[Î.-P.-É.], le 6 février 2014, et avec Roy Cairns, ministère des Services sociaux et Programmes de médicaments des ainés, Charlottetown [Î.-P.-É.], le 13 décembre 2013)

Territoires du Nord-Ouest

En 2012, les Territoires du Nord-Ouest ont publié Controlled Substances: Territorial Prescription Guide. « Les lignes directrices ont pour but d’uniformiser l’utilisation appropriée des médicaments contrôlés en informant et en guidant le clinicien »37 dans le dépistage des patients à risque ou des patients dépendants, dans le choix du médicament, dans la détermination de la posologie et dans l’exécution des ordonnances et la préparation des médicaments entre autres principes de prescription. Le guide propose des outils de réduction du risque de mésusage et d’abus et des recommandations quant à l’entente de traitement avec le patient et l’établissement du calendrier de dénombrement des pillules37. Pour le moment, le territoire n’a aucun moyen de vérifier l’adhésion à ces lignes directrices.

(Entretien personnel avec le Dr Ewan Affleck, directeur de la médecine familiale, Agence de santé et de services sociaux de Yellowknife, Yellowknife [T. N.-O.], le 30 janvier 2014)

Profil de prescription

Plusieurs provinces ou territoires ont mis en place un mécanisme de repérage des prescripteurs qui prescrivent en grande quantité. Ils s’y prennent de diverses façons pour effectuer le suivi auprès de ces prescripteurs : communication d’un avis, éducation et formation pour modifier le comportement de prescription.

Colombie-Britannique

Le programme d’examen de la prescription du Collège des médecins et chirurgiens de la province est un programme d’assurance de la qualité qui intervient auprès des prescripteurs posant problème et surveille leur réaction à l’intervention par l’examen des données de PharmaNet, de la correspondance, des entrevues, la supervision du comité d’examen de la prescription et dans le cadre de séances éducatives.

(Entretien personnel avec Patrick Crawford, ministère de la Santé de la Colombie-Britannique, New Westminster
[C.-B.], le 5 février 2014
)

Alberta

Le Collège des médecins et chirurgiens de l’Alberta offre de la rétroaction aux médecins sur leur mode de prescription des opioïdes et des benzodiazépines dans le cadre des initiatives que voici :

  • Projet de la Direction de la santé des Premières nations et des Inuits — En 2010, à la demande de quatre chefs des Premières nations, le Collège a communiqué avec les cliniciens qui prescrivaient le plus de benzodiazépines et d’opioïdes aux communautés des Premières nations. Il leur a offert des données sur la prescription de ces médicaments, des ressources éducatives et des outils pratiques ainsi que de la rétroaction périodique. L’information collectée au suivi indique que la majorité de ces médecins ont réduit leur prescription de benzodiazépines et d’opioïdes.
  • Projet sur la mépéridine – Inaugurée en 2011, l’intervention est centrée sur les médecins qui prescrivent plus de 600 mg de mépéridine par jour durant plus de trois mois. Ces médecins se voient offrir de la rétroaction, des ressources éducatives et des outils d’aide à la prescription. Certains ont dû produire de l’information clinique justifiant leurs ordonnances. En 2013, la majorité d’entre eux avait réduit ou cessé la prescription de mépéridine aux patients en question.

En outre, le Collège étudie la possibilité de mettre sur pied un portail en ligne sécurisé où le médecin pourrait obtenir son propre profil de prescription et le comparer à celui de pairs.

(Entretien personnel avec la Dre Janet L. Wright, Collège des médecins et chirurgiens de l’Alberta, Edmonton [Alberta], le 3 janvier 2014)

Saskatchewan

Le programme d’information pharmacothérapeutique de la Saskatchewan est une application Web sécurisée qui permet aux pharmaciens, aux médecins, aux infirmières et infirmiers, aux dentistes, aux optométristes et à d’autres professionnels de la santé autorisés d’accéder en toute confidentialité aux antécédents pharmaceutiques des patients de la province.

Le programme établit le profil de prescription des médecins, de sorte qu’il est possible de cerner les cas de prescription inappropriée. Le cas échéant, le médecin se voit proposer une intervention éducative. Le processus est le même s’il s’agit d’un praticien dont un des patients fait un mauvais usage d’un médicament ou en consomme à l’excès.

Le programme prévient les médecins par lettre des cas de consultation de plusieurs médecins pour obtenir des ordonnances multiples.

(Entretien personnel avec Doug Spitzig, Programme d’examen de la prescription, Collège des médecins et chirurgiens, Saskatoon [Saskatchewan], le 28 janvier 2014, et avec Rachel Cheruvallath, ministère de la Santé, Regina [Saskatchewan], le 9 juin 2014)

Manitoba

Le Manitoba prévoit inaugurer son programme de surveillance des opioïdes et d’intervention, volet de son programme IMPRxOVE, au début de 2014. Ce programme verra à la transmission d’information sur les opioïdes aux prescripteurs et à l’analyse de données pertinentes pour surveiller la prescription de ces médicaments. Il s’attardera plus particulièrement aux sujets des prescripteurs multiples, de l’utilisation à dose élevée et des patients à qui l’on prescrit à la fois des opioïdes et d’autres médicaments comme les benzodiazépines, combinaison qui accroit le risque d’effets néfastes.

(Entretien personnel avec Kathy McDonald, Santé Manitoba, Winnipeg [Manitoba], le 7 janvier 2014)

Ontario

En 2012, la province a mis en œuvre le Système de surveillance des stupéfiants et des substances contrôlées; les pharmacies sont tenues d’y consigner les renseignements sur la préparation des ordonnances d’opioïdes et de médicaments surveillés. Le Système fait office de base de données centrale et permet à la province d’effectuer des examens rétrospectifs des activités d’exécution des ordonnances de ces médicaments; il permet en outre la revue d’utilisation de médicaments en temps réel. Au moment où la pharmacie y verse des renseignements sur l’exécution d’une ordonnance, le système procède à des vérifications de l’utilisation du médicament.

De plus, le système prévient la pharmacie en temps réel si le client a consulté plusieurs médecins dans le but d’obtenir des ordonnances multiples ou s’il fréquente plusieurs pharmacies pour obtenir les mêmes médicaments. L’information sur les patients ou sur les habitudes de prescription n’est pas communiquée aux médecins.

De concert avec des médecins et des pharmaciens, l’Ordre des médecins et chirurgiens de l’Ontario, le Collège des pharmaciens de l’Ontario et des associations professionnelles, la province se penche sur la question des circonstances où il serait indiqué d’échanger de l’information provenant du système avec les prescripteurs, les pharmaciens et les instances de règlementation.

(Entretien personnel avec Angie Wong, Direction des programmes publics de médicaments de l’Ontario, ministère de la Santé et des Soins de longue durée, Toronto [Ontario], le 24 septembre 2014)

Nouveau-Brunswick

Au Nouveau-Brunswick, la révision de l’utilisation des médicaments est de nature rétrospective (une fois que les bénéficiaires ont obtenu leurs médicaments d’ordonnance). Le système génère un rapport mensuel qui recense les patients qui satisfont un ou les deux critères que voici : la consultation de deux médecins ou plus et la fréquentation de deux pharmacies ou plus. S’il y a lieu d’approfondir l’investigation, l’on examine le dossier du patient sur une période de six mois. Les intervenants du système communiqueront avec les médecins et les pharmacies offrant des services au patient dont le dossier révèle :

  • la consultation de plusieurs médecins ou la fréquentation de plusieurs pharmacies;
  • des chevauchements thérapeutiques;
  • une dose quotidienne excessive;
  • une utilisation de longue durée ou croissante;
  • la prescription d’opioïdes, de médicaments contrôlés ou de benzodiazépines en grande quantité, à haute dose, ou de fortes sommes consacrées à ces médicaments;
  • des mises en garde, des demandes externes (de pharmacies ou de médecins).

En cas d’activité dangereuse, les intervenants du système communiquent avec les professionnels de la santé pour les informer de l’usage que fait le patient des médicaments. Sur demande, le Collège des médecins et chirurgiens de la province peut obtenir un rapport global trimestriel répertoriant les médecins à qui l’on a adressé le plus grand nombre de lettres sur ce sujet.

(Entretien personnel avec Heidi Liston, Services pharmaceutiques, ministère de la Santé et du Bienêtre du Nouveau-Brunswick, Fredericton [N.-B.], le 23 janvier 2014)

Nouvelle-Écosse

En 2014, le programme de surveillance NSPMP établira le profil de prescription étayé d’information connexe, notamment les renseignements sur les activités d’éducation médicale continue et les données sur les médicaments surveillés dans la province, des 100 plus grands prescripteurs de la province sous l’angle du volume de médicaments prescrits. En 2014, la province a mis à l’épreuve une trousse d’information destinée aux prescripteurs, qui se veut instructive et éclairante plutôt que répressive. Le système pourra comparer un profil de prescription à celui de pairs de la même région administrative ou de la province.

Par l’entremise du programme de surveillance NSPMP, tous les cliniciens de la province ont accès au rapport de comparaison entre leur profil de prescription et celui de pairs, qui présente une représentation graphique de leur schéma de prescription par rapport à celui de pairs.

(Entretien personnel avec Judith Fisher, ministère de la Santé et du Bienêtre de la Nouvelle-Écosse, Halifax [N.-É.], le 3 janvier 2014, et avec Kevin Lynch, Programme de surveillance de la prescription de la Nouvelle-Écosse, Halifax [N.-É.], le 22 janvier 2014)

Île-du-Prince-Édouard

L’Île-du-Prince-Édouard met au point un système qui collectera les données relatives aux médicaments d’ordonnance visés par la Loi règlementant certaines drogues et autres substances (Canada) et qui produira des rapports à intervalles réguliers. Grâce à ces rapports, la province pourra savoir qui sont les prescripteurs, les pharmacies et les utilisateurs de grand volume de médicaments. Cette information permettra au ministère de la Santé de la province de cerner les comportements dangereux ou problématiques et d’informer et d’éduquer les prescripteurs, les pharmaciens et les utilisateurs ou, si l’intervention éducative ne suffit pas, de rapporter ces cas aux instances règlementaires ou aux autorités du système de justice pénale le cas échéant. La province met sur pied un comité qui la conseillera sur la nature de l’intervention ou de l’action nécessaire en cas de mésusage ou d’abus de ces médicaments.

Cette initiative découle de l’adoption de la nouvelle loi Narcotics Safety and Awareness Act38, qui confère au ministre le pouvoir de s’adresser aux organismes de règlementation du secteur de la santé et au système de justice pénale.

(Entretien personnel avec Roy Cairns, ministère des Services sociaux et Programmes de médicaments des ainés, Charlottetown [Î.-P.-É.], le 13 décembre 2013)

Terre-Neuve-et-Labrador

Le programme des médicaments d’ordonnance de Terre-Neuve-et-Labrador s’allie au service de règlement des demandes de paiement de services médicaux pour étudier les habitudes de prescription d’opioïdes des médecins par comparaison avec celles de leurs pairs. Cette initiative prévoit également l’examen des demandes de remboursement des patients et leur schéma d’utilisation des médicaments.

(Entretien personnel avec Patricia Clark, ministère de la Santé et des Services communautaires, Terre-Neuve-et-Labrador, St. John’s [T.-N.-L.], le 9 janvier 2014)

Jumelage avec un prescripteur et une pharmacie

Les provinces et les territoires font état de mécanismes de dépistage de l’obtention d’ordonnances multiples ou d’utilisateurs de grande quantité de médicaments et de stratégies pour contrer ces phénomènes, dont l’entente de traitement avec le patient et le jumelage avec une seule et même pharmacie pour y faire exécuter les ordonnances.

Colombie-Britannique

La Colombie-Britannique a établi un programme de désignation des demandeurs pour réduire la consommation problématique de médicaments. Le programme ne couvre les médicaments prescrits aux patients aux antécédents de mésusage ou d’abus que s’ils sont prescrits par un seul et même praticien ou que si les ordonnances sont exécutées à une seule et même pharmacie. Le cas échéant, le médecin et le pharmacien doivent en informer le patient.

Le programme ne s’applique qu’aux médicaments d’ordonnance couverts par PharmaCare, et les patients peuvent le contourner en payant eux-mêmes leurs médicaments. Toutefois, le nouveau pharmacien à qui s’adresse le patient aura accès à tous les renseignements pharmacothérapeutiques concernant ce patient par l’entremise du réseau PharmaNet. Il pourra alors demander au patient pour quels motifs il enfreint la restriction de la pharmacie désignée et l’encourager à s’y conformer.

Le pharmacien n’est pas tenu de signaler au médecin que son patient en consulte d’autres pour obtenir des ordonnances multiples. Mais s’il le fait, le médecin peut alors limiter la quantité de médicaments prescrits ou annuler l’ordonnance.

(Entretien personnel avec Patrick Crawford, ministère de la Santé de la Colombie-Britannique, New Westminster
[C.-B.], le 5 février 2014, avec Ashifa Keshavji, Collège des pharmaciens de la Colombie-Britannique, Vancouver [C.-B.], le 28 janvier 2014, et avec le Dr Ailve McNestry, Collège des médecins et chirurgiens de la Colombie-Britannique, Vancouver [C.-B.], le 31 janvier 2014
)

Alberta

Seul le programme de prestation de maladie d’Alberta Works, qui couvre les citoyens à faible revenu et les chômeurs, a une politique de restriction. L’agent chargé du client qui consomme des médicaments en grande quantité peut lui imposer l’obligation de fréquenter une seule et même pharmacie sous peine de perdre la couverture des médicaments. La restriction sera indiquée sur la carte de prestation de maladie.

Quant aux grands consommateurs de médicaments qui ne sont pas couverts par ce régime, les prescripteurs sont invités à conclure une entente avec eux, en vertu de laquelle ils doivent consulter un seul médecin et fréquenter une seule pharmacie. Comme les médecins et les pharmaciens ont accès aux renseignements sur les médicaments d’ordonnance par l’entremise de Netcare, ils peuvent détecter la non-conformité à l’entente.

(Entretien personnel avec Dale Cooney, Collège des pharmaciens de l’Alberta, Edmonton [Alberta], le 15 janvier 2014, et avec Karen Smilski, gouvernement de l’Alberta, Edmonton [Alberta] en juin 2014)

Manitoba

Le ministère de la Santé du Manitoba peut imposer à un patient l’obligation de se rendre à une pharmacie en particulier pour obtenir ses médicaments. La restriction qui parait dans le réseau d’information pharmacothérapeutique est mise en place à la demande du médecin et avec l’assentiment du patient. Lorsque le ministère est le seul payeur du médicament prescrit à un patient, il a le pouvoir de désigner la pharmacie qui exécutera les ordonnances, sans égard au consentement du patient. Cette pharmacie doit communiquer avec le programme de médicaments pour « ouvrir » le dossier du patient avant même de pouvoir exécuter l’ordonnance.

En outre, le ministère compte un comité de révision de l’utilisation des médicaments par le patient, responsable de la surveillance des bénéficiaires qui reçoivent des soins médicaux ou des médicaments d’ordonnance qui ne sont pas nécessaires sur le plan médical et qui font un usage inapproprié du système de santé. Sur la recommandation du médecin traitant, le comité peut demander à un bénéficiaire de consentir à une entente selon laquelle il ne consultera qu’un seul et même médecin et ne fréquentera qu’une seule et même pharmacie dans le but d’optimiser les soins et les services de santé. La restriction ne s’applique pas aux visites aux urgences ou à la consultation de médecins spécialistes.

(Entretien personnel avec Susan Lessard-Friesen, Collège des pharmaciens du Manitoba, Winnipeg [Manitoba], le 4 février 2014)

Ontario

Le Système du réseau de santé relie toutes les pharmacies au ministère de la Santé afin de traiter les demandes de règlement en temps réel. Il offre aux pharmacies un programme de révision de l’utilisation des médicaments qui passe en revue l’information sur les ordonnances passées et présentes du patient afin de cerner les problèmes potentiels. Le mécanisme de nature prospective surveille le cumul d’ordonnances médicales (consultation de plusieurs médecins pour obtenir des ordonnances du même médicament ou de médicaments de la même classe), les ordonnances multiples (présentation d’une ordonnance d’un même médicament ou d’un médicament de la même classe dans plusieurs pharmacies) ainsi que les interactions médicamenteuses. Les messages du programme sont transmis aux pharmacies en temps réel, et le pharmacien peut en discuter avec le patient ou le prescripteur avant d’exécuter l’ordonnance.

(Entretien personnel avec Angie Wong, Direction des programmes publics de médicaments de l’Ontario, ministère de la Santé et des Soins de longue durée, Toronto [Ontario], le 24 septembre 2014)

Québec

Au Québec, la restriction de la prescription d’opioïdes peut découler d’une décision disciplinaire ou de la décision du médecin lui-même par suite de l’examen de sa pratique ou d’une entente en vue d’éviter la procédure disciplinaire. Le Collège des médecins tient la liste des médecins autorisés à prescrire des opioïdes et la transmet à la Régie de l’assurance maladie du Québec.

(Entretien personnel avec le Dr Ernest Prégent, Collège des médecins du Québec, Montréal [Québec], le 28 janvier 2014)

En 1985, l’Ordre des pharmaciens du Québec a créé le programme Alerte pour favoriser l’utilisation appropriée des médicaments. Le programme16 :

  • facilite le dépistage du mésusage des médicaments qui créent de la dépendance (principalement les benzodiazépines et les opioïdes) à la demande du pharmacien. Le mésusage s’entend de la fréquentation de plusieurs pharmacies et de la consultation de plusieurs médecins pour obtenir de multiples ordonnances et, ainsi, les mêmes médicaments dans plus d’une pharmacie.
  • Lorsque le programme relève un cas de mésusage, le membre du personnel de l’Ordre désigné à cette fin prévient le pharmacien et les pharmacies du voisinage.
  • À sa prochaine visite à une pharmacie, le client est invité à choisir un médecin et une pharmacie pour obtenir les médicaments dont il fait mauvais usage jusque-là.

(Entretien personnel avec Michel Caron, Ordre des pharmaciens du Québec, Montréal [Québec], le 12 février 2014)

Nouvelle-Écosse

La décision de choisir une seule et même pharmacie pour y faire exécuter les ordonnances est prise par le médecin en accord avec son patient. Le programme de surveillance NSPMP peut suggérer ce jumelage au médecin comme stratégie destinée à limiter le mésusage, l’abus ou le détournement de médicaments. Le cas échéant, le programme NSPMP surveille l’adhésion du patient à l’entente et rapporte à une fréquence hebdomadaire les cas de patients ayant obtenu des médicaments contrôlés d’un autre médecin ou pharmacie que ceux désignés.

Les pharmaciens sont tenus de s’inscrire au programme de surveillance NSPMP et tenus d’y verser les renseignements sur les ordonnances de médicaments surveillés au moment de l’exécution de ces ordonnances. S’il y a un problème de transmission de ces données, le pharmacien doit communiquer avec NSPMP. Ainsi, le programme peut transmettre de l’information en temps réel aux prescripteurs et aux pharmaciens. Le programme procède à des vérifications auprès de pharmacies pour s’assurer de la transmission et de l’intégrité des données.

Le programme prévient les pharmacies des cas de consultation de plusieurs médecins pour obtenir des ordonnances multiples ou de vol d’ordonnanciers. Avant d’exécuter une ordonnance, à la consultation du dossier du patient, le pharmacien voit apparaitre des notifications pour indiquer le cas échéant la fréquentation de plusieurs pharmacies pour obtenir les mêmes médicaments ou la consultation de plusieurs médecins pour obtenir des ordonnances multiples.

(Entretien personnel avec Kevin Lynch, Programme de surveillance de la prescription de la Nouvelle-Écosse, Halifax [N.-É.], le 22 janvier 2014)

Nouveau-Brunswick

Dans le cadre du processus de révision de l’utilisation de médicaments du Plan de médicaments sur ordonnance du Nouveau-Brunswick (PMONB), des limites à l’accès aux opioïdes, aux médicaments contrôlés et aux benzodiazépines sont parfois imposées à des bénéficiaires. S’il y a lieu, le bénéficiaire peut se voir jumeler à un seul médecin et une seule pharmacie de la province pour obtenir des médicaments. La décision de restreindre l’accès aux médicaments découle de l’examen de l’utilisation de ces médicaments par le patient et de la recommandation de prescripteurs.

Une fois que la mise en œuvre du programme de surveillance pharmaceutique de la province sera achevée, les prescripteurs pourront y inscrire l’entente de surveillance conclue avec des patients. Le système tiendra pour acquis que le patient a consenti à consulter un seul et même médecin et à fréquenter une seule et même pharmacie. Si le patient tente d’obtenir une ordonnance d’un autre médecin ou se présente à une autre pharmacie pour obtenir des médicaments, le système produira une notification pour prévenir l’équipe soignante du patient.

(Entretien personnel avec Heidi Liston, Services pharmaceutiques, ministère de la Santé et du Bienêtre du Nouveau-Brunswick, Fredericton [N.-B.], le 23 janvier 2014)

Île-du-Prince-Édouard

À l’Île-du-Prince-Édouard, les pharmaciens, les médecins et les patients peuvent conclure une entente commune qui restreint le patient à une seule et même pharmacie pour y obtenir des médicaments. Le système d’information pharmacothérapeutique communique cette information à toutes les pharmacies.

Étant donné que le système d’information pharmacothérapeutique couvre tous les médicaments d’ordonnance obtenus dans la province, il détecte les patients qui se présentent à plusieurs pharmacies pour obtenir les mêmes médicaments, notamment les patients ayant consenti à ne fréquenter qu’une seule et même pharmacie. Le cas échéant, le système transmet un courriel à toutes les pharmacies de la province les informant des cas de fréquentation de plusieurs pharmacies.

Le gouvernement de la province, par l’entremise de ses programmes de médicaments, peut déterminer qu’un produit ne sera offert qu’en vertu d’une autorisation spéciale, même s’il fait partie de la catégorie des médicaments couverts sans restriction. L’autorisation spéciale restreint l’obtention du médicament à une seule et même pharmacie ou la prescription du médicament par un seul et même prescripteur.

(Entretien personnel avec Neila Auld, Conseil des pharmaciens de l’Île-du-Prince-Édouard, Charlottetown
[Î.-P.-É.], le 6 février 2014, et avec Roy Cairns, ministère des Services sociaux et Programmes de médicaments des ainés, Charlottetown [Î.-P.-É.], le 13 décembre 2013)

Terre-Neuve-et-Labrador

La province a le pouvoir de restreindre l’accès aux médicaments d’ordonnance en imposant l’obligation de les obtenir à deux pharmacies au maximum. Toutefois, la directive ne s’applique qu’aux bénéficiaires des programmes de médicaments publics. Lorsque la restriction est nécessaire, le patient et les professionnels de la santé de son équipe soignante en sont informés et on leur fait connaitre la procédure.

(Entretien personnel avec Patricia Clark, ministère de la Santé et des Services communautaires, Terre-Neuve-et-Labrador, St. John’s [T.-N.-L.], le 9 janvier 2014)

Territoires du Nord-Ouest

Il est fréquent que les praticiens des Territoires du Nord-Ouest concluent une entente de jumelage d’un patient et d’une pharmacie. L’information relative à l’entente est versée au dossier médical informatisé accessible à tous les pharmaciens et les médecins. Cependant, le territoire ne surveille pas officiellement le respect de ces ententes. Pour le moment, le système de dossier médical informatisé n’englobe que 55 % de la population du territoire, mais à terme les dossiers de tous les résidents y seront inscrits.

(Entretien personnel avec le Dr Ewan Affleck, directeur de la médecine familiale, Agence de santé et de services sociaux de Yellowknife, Yellowknife [T. N.-O.], le 30 janvier 2014)

Services de santé non assurés

La participation au programme de surveillance pharmaceutique de Services de santé non assurés peut se traduire par l’obligation de consulter un seul et même médecin. Les bénéficiaires soumis au programme de surveillance doivent choisir leur prescripteur d’opioïdes, de benzodiazépines, de stimulants et de gabapentine. Le programme ne restreint pas les clients à une seule et même pharmacie.

(Entretien personnel avec Harold Boudreau et Carol Langlois, Services de santé non assurés, Santé Canada, Ottawa [Ontario], le 12 décembre 2013)

Conclusion

Le sondage mené auprès de régimes d’assurance médicaments publics, de collèges de médecins et chirurgiens et de collèges ou d’ordres de pharmaciens au Canada révèle que les administrations publiques fédérale, provinciales et territoriales ont entrepris diverses initiatives pour contrer l’abus de médicaments d’ordonnance.

La majorité d’entre elles ont mis en place un programme de surveillance et un système d’information pharmacothérapeutique. Grâce à ces programmes et systèmes, elles peuvent identifier les grands prescripteurs et les grands consommateurs (fort volume de médicaments). La plupart offrent de l’éducation aux cliniciens aux habitudes de prescription potentiellement dangereuses. Dans certaines régions, la collaboration entre les programmes de médicaments publics et les collèges de médecins et chirurgiens et les collèges de pharmaciens a débouché sur la création de systèmes qui relient les données ayant trait aux pharmacies, aux patients et aux prescripteurs. D’autres se sont dotées de systèmes semblables afin de limiter l’accès aux médicaments surveillés (consultation de plusieurs médecins pour obtenir des ordonnances multiples, obtention des mêmes médicaments dans plusieurs pharmacies ou falsification d’ordonnances). Des régions proposent des incitatifs aux pharmaciens qui peuvent refuser d’exécuter une ordonnance sous prétexte de suspicion de fréquentation de plusieurs pharmacies ou de consultation de plusieurs médecins pour obtenir les mêmes médicaments ou des ordonnances multiples, ou de suspicion de falsification d’ordonnance. Des régimes d’assurance médicaments publics imposent des restrictions à l’obtention des opioïdes, des benzodiazépines, des stimulants et de la gabapentine ou ne les couvrent qu’en vertu d’une autorisation spéciale. Les instances règlementaires professionnelles ont entrepris des initiatives également, notamment la publication des Canadian Guideline for Safe and Effective Use of Opioids for Chronic Non-Cancer Pain17 et l’offre de modules de perfectionnement professionnel sur le sujet gratuits, en ligne et agréés.

Au vu de la variété des politiques, des programmes, des pratiques et des initiatives au pays, mentionnons à titre de possibilité de redoubler d’efforts dans la lutte contre l’abus de médicaments d’ordonnance au Canada :

  • La mise en place d’un programme de surveillance pharmaceutique à la grandeur de la province portant sur les médicaments prescrits aux habitants, pas seulement les médicaments prescrits aux bénéficiaires des régimes d’assurance médicaments publics.
  • L’amélioration de la communication intergouvernementale, notamment par des mécanismes comme le système de dossier médical informatisé.
  • Soutenir la stratégie1 « S’abstenir de faire du mal » mise de l’avant par le Centre canadien de lutte contre les toxicomanies.
  • Soutenir les initiatives de diffusion et de promotion de l’utilisation des Canadian Guideline for Safe and Effective Use of Opioids for Chronic Non-Cancer Pain17.
    • La création d’un mécanisme de détection et d’éducation des grands prescripteurs (fort volume de médicaments) dans les régions qui en sont dépourvues.
    • La détermination, selon les données probantes les plus concluantes, de la gamme de doses et de quantités d’opioïdes, de benzodiazépines, de stimulants et de gabapentine pour encadrer la prescription et l’exécution des ordonnances de ces médicaments dans les régions qui ne le font pas à l’heure actuelle.
    • L’intensification de la collaboration communautaire pour favoriser la prescription appropriée de ces médicaments dans certains groupes de la population, dont les ainés, et pour appuyer les initiatives des organismes d’application de la loi.
    • L’évaluation de l’efficacité et des retombées des initiatives et des pratiques exemplaires sur la scène internationale.

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  37. Controlled substances: Territorial prescription guidelines [Unpublished internal report]. Yellowknife (NT): Government of the Northwest Territories; 2012.
  38. Legislative Counsel Office. Narcotics safety and awareness act [Internet]. Charlottetown (PEI): Legislative Counsel Office; 2013 Sep 14. Cap. N-.01. [cité le 5 mai 2014]. Accessible de : http://www.gov.pe.ca/law/statutes/pdf/n-0_01.pdf

ANNEXE 1 : Abréviations

ACMTS Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé
ACP  Alberta College of Pharmacists (Collège des pharmaciens de l’Alberta)
Alb.   Alberta
CADDRA  Canadian ADHD Resource Alliance
C.-B. Colombie-Britannique
CCLT    Centre canadien de lutte contre les toxicomanies
CPM College of Pharmacists of Manitoba (Collège des pharmaciens du Manitoba)
CPP Controlled Prescription Program (programme de surveillance de médicaments contrôlés)
CPSA College of Physicians and Surgeons of Alberta (Collège des médecins et chirurgiens de l’Alberta)
CPSBC  College of Physicians and Surgeons of British Columbia (Collège des médecins et chirurgiens de la Colombie-Britannique)
CPSM    College of Physicians and Surgeons of Manitoba (Collège des médecins et chirurgiens du Manitoba)
CPSO   College of Physicians and Surgeons of Ontario (Ordre des médecins et chirurgiens de l’Ontario)
DMI    dossier médical informatisé
DPIN Drug Plan Information Network (réseau d’information des programmes de médicaments)
IMPRxOVE  Improving Medication Prescribing and Outcomes Via Medical Education (programme d’amélioration de la prescription du Manitoba)
Î.-P.-É.  Île-du-Prince-Édouard
M3P  Manitoba Prescribing Practices Program (programme d’examen des pratiques de prescription du Manitoba)
Man. Manitoba
MMDRC   Manitoba Monitored Drugs Review Committee (Comité d’examen des médicaments surveillés au Manitoba)
N.-B.  Nouveau-Brunswick
N.-É.  Nouvelle-Écosse
NSPMP    Nova Scotia Prescription Monitoring Program (programme de surveillance des médicaments d’ordonnance de la Nouvelle-Écosse)
Ont.   Ontario
OPQ   Ordre des pharmaciens du Québec
PAE   Programme d’accès exceptionnel
PIP    Pharmaceutical Information Program (programme d’information pharmacothérapeutique)
PMONB Plan de médicaments sur ordonnance du Nouveau-Brunswick
PMP Prescription Monitoring Program (programme de surveillance des médicaments d’ordonnance)
PPC perfectionnement professionnel continu
PRP Prescription Review Program (programme d’examen de la prescription)
PSSS   Partners Seeking Solutions with Seniors
Qc    Québec
RCCET  Réseau communautaire canadien d’épidémiologie des toxicomanies
RUM  révision de l’utilisation de médicaments
Sask.   Saskatchewan
SIP   système d’information pharmacothérapeutique
SSNA  Services de santé non assurés
SSSSC  Système de surveillance des stupéfiants et des substances contrôlées (Ontario)
TDAH   trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité
T.-N.-L.   Terre-Neuve-et-Labrador
TPP   Triplicate Prescription Program (programme de prescription en trois exemplaires)

 

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Citer comme suit : Smith N, Quansah K, Fitzsimmons H. Opioïdes, benzodiazépines, stimulants et gabapentine :
politiques et programmes, initiatives et pratiques au Canada en 2014. [Analyse de l’environnement; numéro 45]. Ottawa, Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé; 2014.

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L’ACMTS assume l’entière responsabilité de la forme finale et du contenu de cette analyse de l’environnement. Les énoncés et les conclusions dans ce document sont ceux de l’ACMTS.

La production de ce rapport a été rendue possible grâce à l’apport financier de Santé Canada et des gouvernements de l’Alberta, de la Colombie-Britannique, du Manitoba, du Nouveau-Brunswick, de Terre-Neuve-et-Labrador, des Territoires du Nord-Ouest, de la Nouvelle-Écosse, du Nunavut, de l’Île-du-Prince-Édouard, de la Saskatchewan et du Yukon. L’ACMTS assume l’entière responsabilité de la forme finale et du contenu de ce rapport. Les opinions exprimées ici ne représentent pas forcément le point de vue de Santé Canada ou des gouvernements provinciaux ou territoriaux.

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Clause de non-responsabilité : Le Service d’analyse de l’environnement offre de l’information aux planificateurs et aux prestataires de services de santé au Canada. Les produits d’information du Service d’analyse de l’environnement sont issus d’une recherche documentaire restreinte, ce ne sont pas des études méthodiques exhaustives. L’objectif consiste à produire des synthèses d’information sur des sujets précis dans les délais impartis. L’information offerte par le Service d’analyse de l’environnement fait office de complément d’information à d’autres renseignements et considérations sur le sujet. Elle ne vient pas remplacer l’avis ou l’opinion en bonne et due forme d’un médecin et elle ne constitue pas une recommandation favorable ou défavorable sur une technologie de la santé en particulier. Le lecteur est prié de ne pas assimiler l’absence de données probantes rigoureuses à l’absence d’efficacité clinique de la technologie en question, particulièrement s’il s’agit d’une technologie nouvelle ou émergente au sujet de laquelle l’information est encore rare, mais qui pourrait se révéler néanmoins efficace. Bien que l’ACMTS ait tout mis en œuvre pour veiller à l’exactitude, à l’exhaustivité et à l’actualité du rapport, elle décline toute responsabilité à cet égard, comme elle ne saurait être tenue responsable des pertes ou des dommages découlant de l’usage de l’information contenue dans le présent rapport. Droit d’auteur : L’information présentée ici est protégée par un droit d’auteur. Elle peut être reproduite à des fins non commerciales pourvu que l’ACMTS soit dument mentionnée. Liens : Le présent rapport peut renfermer des liens à de l’information dans le site Web de tiers sur Internet.

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