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Mobilisation du savoir et impact : l’autosurveillance glycémique dans le « monde réel »

Dernière mise à jour : 10 août 2011
Gamme de produits : Utilisation optimale
Type de résultat : Rapports

Sensibilisation du patient

En qualité de l’une des premières coopératives de soins de santé en Saskatchewan, les services de la Saskatoon Community Clinic sont axés sur les soins de la personne dans son ensemble. La clinique favorise également la participation des patients à leurs soins de santé et les aident en ce sens. L’autosurveillance glycémique à l’aide de bandelettes de test glycémique est donc une partie importante de la formation destinée à l’individu atteint de diabète de type 2, d’autant plus dans le contexte de la mission que s’est donnée cette clinique. La clinique est également dévouée à utiliser le financement de la santé publique de façon prudente et reconnaît qu’un bon nombre des personnes qu’elle suit ont des revenus limités ainsi qu’un accès limité aux assurances supplémentaires privées.

« J’ai trouvé réponse à mes questions en parlant à un agent de liaison de l’ACMTS et j’ai compris comment les recommandations allaient en fait dans le même sans que ma pensée, soit que : Si la glycémie de la personne atteinte de diabète de type 2 est normale et stable, pourquoi la vérifier aussi souvent ? Ils n’en apprennent pas plus dans ce cadre. »

Lorsque Jone Barry, une infirmière praticienne de la Saskatoon Community Clinic, a participé à la conférence de l’Association canadienne du diabète, elle a été particulièrement intéressée par une présentation sur les recherches portant sur l’autosurveillance glycémique effectuée par l’Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé (ACMTS). Bien que les recherches de l’ACMTS aient menées à quatre messages ou recommandations clés, l’un d’eux a plus particulièrement capté son attention :« La plupart des adultes atteints d’un diabète de type 2 maîtrisé par un régime alimentaire, sans insuline, ne devraient pas nécessiter d’autosurveillance glycémique de routine. » En effet, ce message remet en question les pratiques actuelles de la plupart des prestataires de soins de santé qui prennent en charge les personnes atteintes du diabète de type 2. Madame Barry se souvient d’avoir été sceptique :« J’ai d’abord été mal à l’aise avec ces recommandations sur l’autosurveillance.

Étant donné son engagement aux soins de santé fondés sur des données probantes, Jone Barry a poussé sa recherche plus loin et a communiqué avec Brendalynn Ens, l’agente de liaison de l’ACMTS pour la Saskatchewan, qui lui a transmis les rapports de recherches et a répondu à ses questions.

« Après avoir lu les rapports et parlé à Brendalynn, j’ai trouvé réponse à mes questions et j’ai compris comment les recommandations allaient en fait dans le même sens que ma pensée, soit que : Si la glycémie des personnes atteinte de diabète de type 2 est normale et stable, pourquoi la vérifier aussi souvent ? Ils n’en apprennent pas plus dans ce cadre. »

En plus des rapports de recherche, Jone Barry a également découvert une série de publications simples et claires que ses collègues et elle-même pourraient utiliser à la clinique pour sensibiliser les patients.

« Nous remettons ces publications à nos clients lorsqu’ils reçoivent leur diagnostic de diabète de type 2 et qu’ils viennent nous voir pour apprendre comment utiliser leurs glucomètres », dit-elle. « Certains patients sont étonnés des renseignements compris dans ces publications, tandis que pour d’autres, tout leur semble plutôt logique. »

Sensibilisation des prestataires de soins de santé

Le Dr Kerry Mansell est professeur adjoint en pharmacie au Collège de la pharmacie et de la nutrition de l’Université de la Saskatchewan. Étant donné son intérêt pour la recherche sur le diabète et l’autosurveillance, Dr Mansell a cité les recherches de l’ACMTS dans un article qu’il a coécrit dans le Canadian Pharmacists Journal 1. La conclusion du Dr Mansell et de ses collaborateurs était conforme à celles des recherches effectuées par l’ACMTS :« Étant donné les répercussions économiques et humaines associées à l’autosurveillance glycémique, il est raisonnable de suggérer que certains patients puissent réduire la fréquence de leurs tests. »

Il n’est donc pas étonnant que depuis, le Dr Mansell utilise les recommandations de l’ACMTS afin d’encadrer son enseignement auprès de ses élèves à l’Université de la Saskatchewan. Alors qu’il constate les effets des recherches et des recommandations de l’ACMTS sur la prochaine génération de pharmaciens, il est confiant quant à l’impact à long terme de l’étude :« Nous verrons rapidement les effets des recommandations de l’ACMTS au fur et à mesure que les personnes deviendront plus à l’aise avec celles-ci », explique-t-il.« Nous devons d’abord, à mon avis, former les professionnels de la santé sur les situations qui exigent des tests et sur celles qui ne l’exigent pas. Il faudra ensuite leur transmettre les renseignements ainsi que les données scientifiques soutenant ces recommandations afin qu’ils soient en mesure de répondre aux questions quotidiennes de leurs patients. »

Grâce aux efforts d’individus tels que Mme Barry et le Dr Mansell, les prestataires de soins et les personnes atteintes de diabète de type 2 au Canada découvrent les recherches de l’ACMTS et remettre en question le rôle de l’autosurveillance glycémique dans la prise en charge du diabète de type 2. Un dialogue national important s’est amorcé sur la meilleure façon d’investir les fonds publics pour appuyer les personnes vivant avec cette maladie.

Les quatre messages clés de l’ACMTS
1 - Pour les personnes diabétiques de type 1 ou de type 2 dont les schémas thérapeutiques comportent de l’insuline basale et en bolus, l’autosurveillance glycémique devrait être personnalisée. C’est elle qui doit guider les rajustements de l’insulinothérapie en vue d’atteindre une maîtrise glycémique optimale.
2 - Chez les patients diabétiques adultes de type 2 traités à l’insuline basale, l’autosurveillance glycémique devrait être personnalisée.  Il ne faut pas oublier cependant que le plus souvent, la plupart des patients n’ont besoin que de 14 tests par semaine tout au plus.
3 - La plupart personnes diabétiques adultes de type 2 qui maîtrisent leur maladie  uniquement par des médicaments antidiabétiques oraux ne devraient pas nécessiter d’autosurveillance glycémique périodique. L’évaluation périodique chez certains patients   (p. ex. : ceux dont la glycémie est instable ; ceux souffrant de maladies aigües ; ceux dont la pharmacothérapie a changée ; et ceux à risque d’hypoglycémie découlant de l’utilisation de sécrétagogues de l’insuline comme la glyburide) devrait aller de pair avec des gestes thérapeutiques précis (p. ex. : prévention ou prise en charge de l’hypoglycémie, le rajustement de la posologie par la patiente elle-même).
4 - La plupart des personnes diabétiques adultes de type 2 qui maîtrisent leur maladie par le régime alimentaire seul ne devraient pas nécessiter une autosurveillance glycémique périodique.

Autres efforts de formation et d’échange des connaissances

Parmi les efforts d’échange des connaissances tirées de cette étude, les membres du Comité d’experts en examen et du personnel de l’ACMTS ont également rédigés des articles ayant apparu dans des publications respectées et évaluées par des pairs, notamment le Journal de l’Association médicale canadienne, le Canadian Diabetes Journal, Open Medicine et le Canadian Pharmacists Journal. La couverture médiatique a également compris les médias d’information, tels que le Globe and Mail et le New York Times, ainsi que des entrevues menées par Radio-Canada et par des médias locaux de partout au pays.

D’ailleurs, l’ACMTS a organisé une série de 12 événements Café Scientifique interactifs dans dix villes canadiennes visant ainsi à rassembler des panels d’experts en diabète, de prestataires de soins de santé et de personnes atteintes de diabète de type 2 ainsi que des membres de leurs familles. Ensemble, ces événements ont permis de rejoindre des centaines de Canadiens et de Canadiennes et ont déclenché une conversation nationale importante sur la meilleure façon d’investir les fonds publics destinés aux soins de santé pour soutenir les personnes vivant avec le diabète de type 1 ou de type 2.

Pour apprendre plus sur ces événements Café Scientifique et savoir ce que les gens en disent, veuillez consulter la page Web dédiée à ce sujet.

Grâce à ces initiatives et aux efforts d’individus comme Jone Barry et le Dr Kerry Mansell, les prestataires de soins de santé et les personnes atteintes de diabète de type 2 au Canada découvrent maintenant les recherches de l’ACMTS et remettent en question le rôle de l’autosurveillance glycémique dans la prise en charge personnelle du diabète de type 2.

1 Mansell, K., Blackburn, D. et Eurich, D. Do postprandial glucose levels add important clinical information when fasting glucose levels are near normal in non-insulin-dependent patients with type 2 diabetes? Canadian Pharmacists Journal, 2009, vol. 142, no 6, pages 298-302.

2 Cameron, C., Virani, A., Dean, H., Evans, M., Dolovich, L. et Dahl, M. Utilization and Expenditure on Blood Glucose Test Strips in Canada. Canadian Journal of Diabetes. 2010 ; vol. 34, no 1, pages 34-40.