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Le traitement par agonistes opioïdes injectables chez les patients atteints de dépendance aux opioïdes : efficacité clinique et rapport cout/efficacité

Dernière mise à jour : 2 juin 2020
Numéro de projet : RC1277-000
Gamme de produits : Rapports d’examen rapide
Type de recherche : Médicaments
Type de rapport : Synthèse accompagnée d'une évaluation critique
Type de résultat : Rapports

Question

  1. Quelle est l'efficacité clinique du traitement par agonistes opioïdes injectables chez les patients atteints de dépendance aux opioïdes?
  2. Quel est le rapport cout/efficacité du traitement par agonistes opioïdes injectables chez les patients atteints de dépendance aux opioïdes?

Messages clés

Nous avons repéré cinq rapports pertinents, soit une revue systématique, deux essais cliniques randomisés (ECR) et deux évaluations économiques.
La revue systématique constate que, comparativement aux patients ayant reçu un autre traitement (méthadone ou autre), ceux ayant reçu de la diacétylmorphine injectable (avec ou sans méthadone) obtiennent des résultats statistiquement supérieurs sur le plan de la rétention en traitement, de la consommation de drogue, de l'activité criminelle, et des condamnations et des incarcérations. La revue ne relève toutefois aucune différence statistiquement significative pour ce qui est de la mortalité et observe une plus grande incidence d'évènements indésirables.

 D'après un des ECR, l'hydromorphone injectable n'est pas inférieure à la diacétylmorphine injectable pour ce qui est du nombre de jours de consommation d'opioïdes illicites ou de la proportion de résultats positifs à l'analyse urinaire de détection des métabolites d'héroïne de rue dans l'urine. Il n'y a aucune différence statistiquement significative entre les groupes en ce qui concerne la rétention en traitement, l'activité criminelle et la santé physique et psychologique; cependant, le risque d'évènements indésirables liés à l'intervention est statistiquement plus grand avec le traitement par la diacétylmorphine qu'avec le traitement par l'hydromorphone.

 D'après un ECR croisé portant sur 28 patients, le traitement par la diacétylmorphine injectable entrainerait une amélioration statistiquement significative des symptômes d'anxiété, de colère, d'excitation émotionnelle et de bienêtre. En outre, le traitement par la diacétylmorphine injectable serait associé à une diminution statistiquement significative de la sensation de manque d'héroïne par rapport au placébo injectable.

Les évaluations économiques, qui adoptent un point de vue sociétal et emploient l'horizon temporel de la vie entière, indiquent que les traitements par la diacétylmorphine et l'hydromorphone procurent tous deux un plus grand bénéfice que le traitement par la méthadone et coutent moins cher pour les personnes ayant déjà utilisé d'autres options de traitement. D'après les rapports cout/efficacités différentiels, la diacétylmorphine et l'hydromorphone dominent toutes deux la méthadone. Une des évaluations conclut que la probabilité que la diacétylmorphine soit rentable est de 76 % selon un seuil de disposition à payer de 0 $ l'AVAQ gagnée, et de 95 % selon un seuil de disposition à payer de 100 000 $ l'AVAQ gagnée. L'autre évaluation ne fait pas état du seuil de disposition à payer.

Ces résultats doivent être interprétés avec prudence, vu la quantité totale limitée de données probantes et le fait que les évaluations économiques reposent sur plusieurs hypothèses.