L’ACMTS publie de nouvelles recommandations sur la télésurveillance des maladies cardiaques chroniques afin de faire avancer les soins virtuels


L’ACMTS a publié aujourd’hui de nouvelles recommandations offrant aux systèmes de santé de partout au Canada des conseils sur la mise en œuvre des programmes de télésurveillance pour les patients atteints de maladies cardiaques chroniques. Ces recommandations mettent l’accent sur les facteurs relatifs aux patients, aux aidants et aux fournisseurs de soins de santé, sur les données et la confidentialité, sur l’équité numérique et sur l’évaluation des programmes.

Les programmes de télésurveillance sont une forme de soins virtuels offrant aux patients la possibilité d’être examinés à distance, plutôt qu’en milieu hospitalier ou en clinique. Les consultations ont lieu par téléphone ou par visioconférence, et les données sur la santé du patient sont transmises à l’aide d’un dispositif autonome ou d’une plateforme numérique. Les recommandations publiées aujourd’hui portent sur le recours à ce type de programmes pour les patients atteints d’insuffisance cardiaque, de fibrillation auriculaire ou d’hypertension artérielle, ou pour les personnes en réadaptation cardiaque. La surveillance au moyen d’un moniteur implantable ne fait pas partie du cadre de ce projet.

Des millions de Canadiens vivent avec des maladies cardiaques chroniques; or, l’offre de programmes de télésurveillance pour ces patients varie grandement à travers le pays. Les besoins des systèmes de santé des provinces et territoires en matière de mise en œuvre varient aussi considérablement, et dépendent de l’infrastructure opérationnelle et des plateformes technologiques en place.

Le Comité d’experts en examen sur les technologies de la santé (CEETS) de l’ACMTS a mis au point des recommandations avant-gardistes afin d’offrir une orientation sur la conception et la mise en œuvre de programmes de télésurveillance. Les recommandations se penchent sur les principales caractéristiques des programmes, notamment :

  • la flexibilité et la capacité d’adaptation à la situation et aux préférences des patients;
  • l’intégration aux cheminements cliniques pour les maladies cardiaques chroniques, notamment l’existence de politiques et de processus à l’appui (concordance avec les guides de pratique clinique et intégration aux dossiers médicaux électroniques);
  • la transparence sur la circulation des données et la protection de la vie privée des patients;
  • la connaissance des obstacles sous-jacents qui pourraient créer ou exacerber des iniquités dans les soins;
  • l’évaluation visant à confirmer l’atteinte des objectifs du programme sur plusieurs plans.

Le déploiement accru des soins virtuels au Canada est une des grandes priorités des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux depuis le début de la pandémie; les outils de télésurveillance figurent d’ailleurs parmi les cinq secteurs d’investissement prioritaires communs des gouvernements.

« La pandémie a été un évènement décisif pour les programmes de télésurveillance, mais l’adoption demeure inégale et fragmentée au Canada, explique Lesley Dunfield, vice-présidente aux dispositifs médicaux et interventions cliniques à l’ACMTS. Les recommandations de l’ACMTS arrivent à un moment charnière pour nos systèmes de santé. Les décideurs sont à la recherche de conseils fondés sur des données probantes concernant la façon de maintenir et d’augmenter le recours à la télésurveillance pour améliorer les issues des patients et l’accessibilité des services de soins de santé. »

Les données probantes sur la télésurveillance des maladies cardiaques

Les recommandations d’experts s’appuient sur deux rapports publiés cette année par l’ACMTS, soit une analyse de l’environnement et une évaluation des technologies de la santé (ETS).

La télésurveillance de l’état des patients atteints d’une maladie cardiaque au Canada : analyse de l’environnement

Ce rapport décrit les programmes de télésurveillance des maladies cardiaques chroniques offerts dans cinq provinces canadiennes. Les objectifs communs des programmes sont l’amélioration de l’autonomie et de la participation des patients, l’amélioration de la qualité de vie et la réduction des visites et des admissions à l’hôpital. Les obstacles les plus souvent nommés sont les ressources et le financement limités, et les facteurs facilitants les plus courants sont la participation des patients et l’adoption accrue des soins à distance dans le contexte de la pandémie.

Les programmes de télésurveillance des maladies cardiaques : évaluation des technologies de la santé

Cette ETS exhaustive se penche sur les facteurs techniques, organisationnels et humains interreliés qui peuvent favoriser l’utilisation optimale des programmes de télésurveillance et propose trois analyses des données probantes : un examen réaliste, un examen du point de vue et de l’expérience des patients et une analyse des aspects éthiques.

On conclut dans le rapport que, pour être les plus efficaces possible, les programmes de télésurveillance doivent miser sur des plateformes conviviales, prévoir une rétroaction personnalisée sur les données et s’intégrer aisément dans le milieu de vie et la routine des patients et des aidants. On constate également que patients comme fournisseurs de soins de santé voient les programmes de télésurveillance comme un complément aux soins dans une optique globale, plutôt que comme une option de rechange aux professionnels et aux services actuels. Constatation importante : sans une planification du cheminement clinique et une gestion des attentes attentives, la mise en place et le fonctionnement de ces programmes pourraient entrainer une hausse des couts nets et de la charge de travail clinique.

Des versions provisoires du protocole, des rapports de données probantes et des recommandations ont été rendues publiques et soumises aux commentaires des parties prenantes avant la finalisation des documents. L’ACMTS souhaite remercier les évaluateurs externes pour leur apport ainsi que les patients et les aidants pour avoir généreusement fait part de leur expérience de ces technologies et pour avoir aidé à préciser le protocole et à interpréter les résultats généraux.

L’ACMTS

L’ACMTS est un organisme indépendant sans but lucratif financé par les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux du Canada (à l’exception de celui du Québec) qui fournit aux décideurs du secteur de la santé canadiens des conseils fiables et impartiaux ainsi que des renseignements fondés sur des données probantes au sujet de l’efficacité des médicaments et des autres technologies de la santé.

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